Philippe Lacheau : "On est une grande bande de potes"

L’acteur principal et coréalisateur de Babysitting, Philippe Lacheau.[©2014_Universal_Pictures]

Prix spécial du jury et prix du public au dernier festival de l’Alpe-d’Huez, Babysitting – ou comment une garde d’enfant se transforme en une soirée d’anniversaire apocalyptique - est la première comédie française à intégrer le "found footage" ("images trouvées").

 

L’acteur principal et coréalisateur de ce long-métrage, Philippe Lacheau, revient sur cette technique qui a fait les beaux jours de films américains, consistant à tourner des images, présentées comme authentiques, à la manière d’un vidéaste amateur avec une seule caméra.

 

Babysitting met en scène une fête d’anniversaire qui dérape alors que le héros, Franck, doit garder le fils de son patron. Pourquoi avoir eu recours en partie au "found footage" ?

Des films d’horreur ou de science-fiction comme Le projet Blair Witch (1999) ou Paranormal Activity (2009) ont cartonné malgré des têtes d’affiche peu connues et un budget dérisoire. J’ai eu envie de tenter le coup avec une comédie. Un excellent moyen de faire croire que les images ont été prises sur le vif.

 

En quoi ce procédé complique-t-il la mise en scène ? 

On ne peut pas tricher, ni couper ou remonter les séquences, puisqu’elles sont censées être des rushes. Tout est donc chorégraphié afin que les acteurs et les figurants soient tous bons au même moment. Nous avons tourné par exemple un plan 27 fois, de 21h à 5h, pour obtenir la scène que nous souhaitions.

 

Quelles ont été vos sources d’inspiration ?

Aussi bien des films américains que français. Les comédies des frères Farrelly, dont Dumb & Dumber, Very Bad Trip ou Le Jouet de Francis Veber avec Pierre Richard.

 

Votre personnage, Franck, est standardiste dans une maison d’édition. Il est introverti et timide. Est-ce un rôle de composition ?

C’est en effet un mec qui ne sait pas dire non. Il pense qu’en acceptant de garder le fils du patron de la maison d’édition, il pourra peut-être décrocher un contrat en tant que dessinateur de BD. Il manque de charisme. Un peu comme moi à l’époque du lycée. Ce n’était pas facile avec les filles car j’étais trop discret. Quand je les ai retrouvées des années plus tard sur Facebook, elles ne se souvenaient même pas de moi ! Pour les personnages, on s’est donc inspirés de ce que l’on était… enfin en partie !

 

Autre atout de Babysitting, il réunit plusieurs groupes.

On est une grande bande de potes plus ou moins jeunes avec Gérard Jugnot du Splendid, Alice David de Bref, Vincent Desagnat et Nicolas Benamou du Morning Live, David Marsais et Grégoire Ludig du Palmashow, Philippe Duquesne des Deschiens et la bande à Fifi. Si ce film trouve son public, on espère pouvoir se retrouver très bientôt.

 

Justement, comment avez-vous réussi à convaincre Gérard Jugnot de jouer dans votre film ?

J’ai réussi grâce à Facebook ! J’ai contacté le fils de Gérard, Arthur, via son profil. Je lui ai envoyé un message, lui expliquant que j’avais un projet pour son père. Il m’a donné les coordonnées de l’associé de Gérard, à qui nous avons envoyé le scénario. Je pensais lancer une bouteille à la mer. Mais, une semaine plus tard, je recevais une réponse de Gérard par mail. Il me proposait un rendez-vous et tout s’est enchaîné.

 

Un mot sur le festival de l’Alpe d’Huez où Babysitting a été doublement récompensé.

C’était la première fois que nous montrions le film au public. Avec l’équipe, nous étions très stressés à l’idée de le présenter devant 900 personnes dont un jury présidé par Dany Boon. Nous redoutions cet instant. Au début de la projection, j’étais enfoncé dans mon siège. Au bout de deux minutes, j’ai entendu les premiers rires du public. C’était gagné. Cela reste mon plus beau souvenir dans ma courte carrière de cinéaste !

 

 

Babysitting, de Philippe Lacheau et Nicolas Benamou. En salles mercredi.

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