John Travolta : «Grease a changé ma vie»

L'acteur de 64 ans a été très applaudi lors de son passage sur le tapis rouge. [© Alberto PIZZOLI / AFP]

Présent sur la Croisette, la star américaine s’est confiée sur le succès et les 40 ans de «Grease», mercredi, lors d’une rencontre avec les festivaliers. Il est aussi revenu sur sa carrière et son métier d'acteur.

Son nouveau film «Gotti» a été présenté en avant-première au Festival de Cannes. L’acteur qui y joue un parrain de la mafia new-yorkaise dans les années 1980 et a monté les marches, accompagné de sa femme Kelly Preston et de ses enfants, pour la projection de «Solo : A Star Wars Story», avait également fait le déplacement pour le film «Grease» qui fête ses 40 ans.

Dans la salle Buñuel du Palais des Festivals - qui affichait complet -, et en présence du réalisateur Randal Kleiser et de sa sœur Ellen, l’homme de 64 ans s’est prêté au jeu de l'interview, tout sourire. Aminci, les cheveux poivre et sel, John Travolta semblait plus heureux que jamais. Et toujours autant passionné par ce métier qui lui a procuré de grandes joies depuis des décennies. Retour sur cet entretien avec l'une des stars d'Hollywood.

Le succès inattendu de «Pulp fiction»

«Personne n’avait la moindre idée de l’ampleur qu’aurait le Festival de Cannes sur le lancement du long-métrage de Quentin Tarantino. Nous pensions tous participé à un petit film d’auteur qui n'aurait pas un destin à l'international. Quand nous avons remporté la Palme d’or en 1994, cela a donné une autre ampleur. J’ai pu ensuite choisir les réalisateurs avec lesquels j’avais envie de jouer».

Le phénomène «Grease»

«Ce film a changé ma vie et reste un cadeau éternel. C’est extraordinaire d’entendre des enfants de 5 ans m’en parler comme si nous avions tourné la veille. «Grease» n’a pas vieilli, nous le regardons toujours avec plaisir. Il a une valeur particulière pour de nombreuses personnes. Benicio Del Toro m’a confié, un jour, qu’il avait vu le film quatorze fois quand il avait 12 ans et que de là, est née sa vocation d’acteur».

Son rapport avec les réalisateurs

«Marlon Brando m’a dit, avant de mourir, qu’il ne fallait jamais jouer dans un film si le réalisateur n’était pas éperdument amoureux de ses acteurs et s’il n’était pas persuadé que vous pouviez apporter une dimension supplémentaire à son film. Tout est une question de confiance. Mon rôle est de jouer, le réalisateur, lui, doit se préoccuper de la vision globale du film».

Son plaisir de travailler avec des femmes

«C’est comme une relation mère-enfant : une alchimie se crée rapidement sur le plateau. Je m’exprime plus facilement avec les femmes qui portent souvent un regard bienveillant sur les acteurs. Mais une bonne idée peut venir d’un homme ou d’une femme. Je n’aime pas cette idée qu’il existerait une différence entre les sexes. Nous sommes tous embarqués sur le même bateau. Les séparations sont néfastes. Moi, je suis un citoyen du monde, qui ne se préoccupe pas des origines culturelles, ni sociales».

Être moi m'ennuie profondément.

Sa carrière faite de hauts et de bas

«Je ne regrette rien. Il faut multiplier les expériences, vivre sa vie pleinement et prendre le meilleur de ce qu’elle nous offre. L’imprévisible fait partie de la définition même de notre métier. Nous devons le voir comme un art. Je n'aime pas parler de come-back puisque j'ai toujours été là».

Le rôle primordial de sa famille

«Ma sœur Ellen (elle aussi actrice, ndlr) a eu un rôle déterminant dans ma carrière d’acteur. Depuis le début, elle est à mes côtés et m’inspire. Nous sommes issus d’une famille de saltimbanques. Notre mère était actrice, mais elle ne m’a jamais poussé à exercer ce métier. Mes parents adoraient les films d’Ingmar Bergman ou Federico Fellini. Après avoir visionné «La Strada» à l'âge de 5 ans, j’ai pris conscience de l’impact que peut avoir le jeu d’un acteur sur le public».

Sa vision du métier d'acteur

«Il est inutile d’aimer son personnage pour l’incarner. Pour mon rôle dans «Pulp Fiction», j’ai réellement été prêt, une fois que j’arborais cette coupe de cheveux ridicule  et la boucle d’oreille. J'adore jouer des personnages différents de moi. Etre moi m'ennuie profondément».

Sa participation à des séries télévisées

«Les formats ont changé. Des histoires se racontent parfois en 10h dans les séries plutôt que 2h dans un film. La série télévisée reste une œuvre d’art, tout est une question de qualité. Quand j’étais à Broadway, j’ai vu des comédiens jouer dans des films de grands studios. On se moque du support».

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