Réforme contestée en Italie

Le gouvernement italien de Mario Monti a adopté vendredi en conseil des ministres les grandes lignes d'un projet de réforme du marché du travail, contesté notamment par le premier syndicat du pays, la CGIL qui a annoncé une grève générale pour les semaines à venir.[AFP/Archives]

Le gouvernement italien de Mario Monti a adopté vendredi en conseil des ministres les grandes lignes d'un projet de réforme du marché du travail, contesté notamment par le premier syndicat du pays, la CGIL qui a annoncé une grève générale pour les semaines à venir.

"Le Conseil des ministres a adopté (...) un projet de loi de réforme du marché du travail (...) avec l'intention de créer un marché du travail dynamique, flexible, (...) capable de contribuer à la croissance et à la création de postes de travail", a annoncé le gouvernement dans un communiqué.

De l'avis du gouvernement, ce projet de loi, susceptible de subir des modifications au Parlement avant son adoption définitive dans plusieurs mois, devrait à terme "favoriser une répartition plus juste des différentes protections qui entourent les postes de travail", actuellement fortes pour les emplois à durée indéterminée et très faibles pour les autres.

En dépit de deux mois de négociations avec les partenaires sociaux, le gouvernement n'est pas parvenu à un accord global, rencontrant l'opposition de la CGIL, première confédération syndicale du pays, qui est farouchement opposée à la modification de l'article 18 du statut des travailleurs sur les licenciements.

Actuellement, l'article 18 interdit les licenciements "sans juste cause". Mais la réforme le modifie de fond en comble. Le projet du gouvernement prévoit en particulier qu'en cas de licenciement économique jugé abusif, "l'employeur ne peut être condamné qu'au paiement d'une indemnisation" et non à la réintégration du travailleur, contrairement à ce qui passe actuellement.

C'est cette dernière norme que la CGIL n'a pas voulu accepter et contre laquelle elle a annoncé, pour une date encore indéterminée, une grève de 8 heures et 8 heures supplémentaires d'arrêt du travail pour des assemblées syndicales.

La nouvelle mouture de l'article 18 prévoit deux autres cas de figure. Pour un licenciement disciplinaire (pour faute, absentéisme, etc..), c'est un juge qui devra décider entre la réintégration (si l'employeur est débouté) ou une indemnisation.

C'est seulement dans le cas d'un licenciement discriminatoire (par exemple une femme enceinte ou en raison de l'appartenance religieuse) qu'est prévue une obligation de réintégration du salarié comme auparavant.

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