La Bourse de Paris parie sur l'immobilier US

Après sa constante progression depuis le début de l'année, la Bourse de Paris a marqué le pas cette semaine pénalisée par un climat économique plus incertain, un essoufflement amené à se poursuivre si le marché immobilier américain ne montre pas de réels signes d'embellie.[AFP/Archives]

Après sa constante progression depuis le début de l'année, la Bourse de Paris a marqué le pas cette semaine pénalisée par un climat économique plus incertain, un essoufflement amené à se poursuivre si le marché immobilier américain ne montre pas de réels signes d'embellie.

Sur la semaine écoulée, le CAC 40, l'indice vedette parisien, a cédé 3,30% pour revenir sous les 3.500 points et clôturer vendredi à 3.476,18 points. Depuis le 1er janvier, ses gains restent toutefois importants (+10,01%).

"Les investisseurs souhaitaient prendre leurs bénéfices et le marché avait clairement besoin de reprendre son souffle", relève Jérôme Vinerier chez IG Markets.

"Il n'avait pratiquement pas cessé de progresser entre le 1er janvier et la mi-mars grâce à des catalyseurs très importants comme les injections de liquidités de la Banque centrale européenne ou le règlement temporaire du dossier grec", souligne l'analyste.

Cette pause du marché a été alimentée par plusieurs statistiques décevantes.

Les investisseurs s'interrogent notamment sur la vigueur de l'économie chinoise, un des principaux moteurs de la croissance mondiale, alors que l'activité manufacturière du pays s'est contractée en mars, chutant à son plus bas niveau depuis quatre mois.

Ce ralentissement a particulièrement pesé sur les valeurs industrielles et minières, dépendantes de la conjoncture, qui ont tiré la cote vers le bas.

Pour Guillaume Garabédian, gérant d'actions chez Meeschaert Gestion privée, "la situation est toutefois loin d'être catastrophique. La Chine reste à des niveaux de croissance très élevés et l'inflation continue de reculer".

Par ailleurs, contrairement à la zone euro ou aux Etats-Unis, Pékin dispose de marges de manoeuvre importantes pour dynamiser encore davantage, si nécessaire, son économie en abaissant par exemple ses taux d'intérêt encore hauts ou en utilisant une partie de ses énormes réserves de liquidité.

L'Union monétaire reste un sujet de préoccupation plus important pour les intervenants. La contraction de l'activité du secteur privé leur fait craindre un retour en récession des pays de la zone euro dès le premier trimestre.

D'autant que "les mesures d'austérité (mises en place) ont des retombées sur le secteur des services" notamment, souligne Peter Vanden Houte, analyste chez ING.

Le marché parisien devrait encore manquer de carburant la semaine prochaine.

"Nous n'attendons quasiment rien sur le plan macroéconomique ou en matière de politique monétaire et la saison des résultats est derrière nous", remarque Nicolas Just, l'un des responsables de la gestion action chez Natixis AM.

Pour M. Garabédian, Paris pourrait être entraîner à la baisse par Wall Street qui flirte toujours avec des niveaux très élevés et sera peut-être tentée à son tour de reprendre son souffle dès la semaine prochaine.

Les investisseurs surveilleront d'éventuelles nouvelles annonces du Qatar qui a multiplié récemment les investissements en France, avec une prédilection pour le luxe, le sport et les médias. L'émirat pétrolier est ainsi monté cette semaine en puissance dans le capital de Lagardère.

Côté macroéconomique, les statistiques sur l'immobilier aux Etats-Unis seront particulièrement suivies. Une bonne surprise pourrait parvenir à relancer temporairement la Bourse de Paris, notent plusieurs analystes interrogés par l'AFP.

Un des seuls autres temps forts de la semaine sera la publication, mardi, du baromètre du moral des consommateurs allemands.

Enfin, le pétrole continuera à être "l'épée de Damoclès qui pèse sur le marché", souligne M. Just, une nouvelle envolée, liée aux tensions avec l'Iran, pouvant freiner durablement la croissance déjà poussive de l'Union monétaire.

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