L'hésitation de Wall Street

Wall Street, qui a terminé en baisse cette semaine, abordait les prochains jours avec hésitation, freinée par un contexte économique plus incertain en Chine et en Europe, mais toujours optimiste quant à la vigueur de l'économie américaine.[Getty Images/AFP/Archives]

Wall Street, qui a terminé en baisse cette semaine, abordait les prochains jours avec hésitation, freinée par un contexte économique plus incertain en Chine et en Europe, mais toujours optimiste quant à la vigueur de l'économie américaine.

Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones Industrial Average, indice des 30 valeurs vedettes de Wall Street, a cédé 1,15%, terminant vendredi à 13.080,73 points.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a quant à lui avancé de 0,41% à 3.067,92 points.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 a baissé de 0,50%, finissant à 1.397,11 points, repassant sous le seuil symbolique des 1.400 points qu'il avait franchi la semaine dernière pour la première fois depuis juin 2008.

Pour Dick Green, du site d'analyse financière Briefing.com, "le recul de la semaine peut être attribué aux hésitations continues entre l'optimisme et la prudence".

Aux Etats-Unis, les investisseurs ont examiné avec une certaine perplexité un ensemble de statistiques mitigées sur l'état du marché de l'immobilier, ce secteur constituant une source d'inquiétude majeure depuis la crise du crédit immobilier en 2008.

Les ventes de maisons individuelles neuves ont reculé en février pour le deuxième mois de suite, alors que le marché s'attendait à une hausse. Les ventes de logements anciens et les mises en chantier des logements ont eux aussi baissé, à l'inverse des permis de construire qui ont connu un bond plus fort que prévu.

"L'amélioration est loin d'être nette dans un secteur qui a pourtant été particulièrement déprimé", a estimé Peter Cecchini de Cantor Fitzgerald.

Lindsey Piegza, de FTN Financial a remarqué "une certaine dichotomie entre le flot de rapports encourageants depuis trois mois sur le marché de l'emploi", et d'autres indicateurs plus mitigés, y compris la baisse du moral des ménages américains récemment.

En outre, après un début d'année très performant pour la place new-yorkaise, où les principaux indices se sont hissé au plus haut depuis l'avant-crise de 2008, certains analystes continuaient de s'interroger sur la solidité de cette hausse boursière.

"Le marché est allé très loin, très vite", a reconnu Mace Blicksilver du cabinet de gestion d'actifs Marblehead Asset Management.

Après avoir poussé un soupir de soulagement à la suite de la résolution du plan de restructuration de la dette grecque, "le marché doit désormais faire face à l'évidence du ralentissement de l'activité économique en Europe", a noté Fred Dickson, de D.A. Davidson.

Par ailleurs, "les gens commencent enfin à regarder du côté de l'Asie et de la Chine", a continué le stratège. L'activité manufacturière en Chine s'est contractée plus fortement qu'attendu en mars, confirmant un ralentissement de la croissance du pays.

Tout de même, note Gregori Volokhine chez Meeschaert New York, la Bourse, qui a fini en hausse vendredi, a prouvé qu'elle pouvait "résister à un ensemble de nouvelles décevantes". "Le marché avait (seulement) besoin de souffler".

Dans ce contexte incertain, Wall Street s'apprêtait à rechercher des éléments de réponses dans une nouvelle salve de statistiques américaines la semaine prochaine.

Les commandes de biens durables en février seront particulièrement surveillées, après une baisse plus importante que prévue en janvier.

"Si ces chiffres continuent sur la mauvaise pente, cela pourrait signaler que la reprise actuelle, basée en grande partie sur l'activité industrielle, est en train de ralentir et que les entreprises n'investissent pas autant que prévu", a estimé M. Cecchini.

De même, les investisseurs attendaient de connaître la confiance des consommateurs américains pour le mois de février mercredi. Elle avait enregistré une baisse surprise en janvier.

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