Déficit: l'Espagne tiendra ses engagements

Le gouvernement espagnol a assuré dimanche qu'il tiendrait ses promesses de réduction du déficit alors que la situation du pays suscite un regain d'inquiétude chez ses partenaires de la zone euro, au sein de la Commission et sur les marchés.[AFP/Archives]

Le gouvernement espagnol a assuré dimanche qu'il tiendrait ses promesses de réduction du déficit alors que la situation du pays suscite un regain d'inquiétude chez ses partenaires de la zone euro, au sein de la Commission et sur les marchés.

"Nous allons le faire", a déclaré à la presse le secrétaire d'Etat espagnol à l'Union européenne, Inigo Mendez de Vigo, en marge d'une réunion en Finlande avec plusieurs responsables européens.

Il a réfuté les craintes de nombreux économistes qui doutent que l'Espagne, compte tenu de la récession qu'elle va traverser cette année, sera en mesure d'atteindre l'objectif qui lui a été fixé d'une réduction de son déficit à 3% du Produit intérieur brut l'an prochain.

"Nous sommes sérieux, le sérieux est de retour en Espagne", a-t-il assuré en renvoyant sur le projet de budget rectificatif pour 2002 que Madrid doit présenter en fin de semaine prochaine pour réduire un déficit plus important que prévu.

"L'Espagne a hérité d'une situation difficile" lors de l'arrivée au pouvoir fin 2011 du chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, a-t-il toutefois dit.

Samedi, en marge de la même réunion en Finlande, le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a exhorté samedi l'Espagne a tenir son objectif d'un retour du déficit public dans les clous de l'UE fin 2013, sous peine d'une sanctions des marchés financiers.

Il a ainsi relevé que les marchés financiers exigeaient des taux en hausse pour prêter de l'argent à l'Espagne depuis que Madrid a relevé son objectif de déficit pour cette année.

"Dans la mesure où il y a eu le sentiment que l'Espagne a assoupli ses objectifs budgétaires, on a assisté à une réaction des marchés avec plusieurs dixièmes de points de base (de hausse) sur les taux obligataires espagnols, qui pour la première fois depuis longtemps ont dépassé ceux des taux italiens", a dit le commissaire.

"Cela illustre à quel point la situation reste fragile", a-t-il dit. Une équipe d'experts de la Commission est attendue sous peu du reste à Madrid pour des discussions budgétaires avec le gouvernement. Un processus qualifié de "normal" par M. Rehn dans le contexte du nouveau dispositif européen de surveillance renforcée des Etats.

Le chef du gouvernement italien Mario Monti a fait état de son côté samedi des "préoccupations de l'Union européenne concernant l'Espagne" et relevé lui aussi la hausse des taux d'emprunt à 10 ans du pays sur le marché obligataire.

Il a mis en garde contre le fait qu'"il fallait bien peu pour qu'une contagion s'élargisse" à d'autres pays de la zone euro.

Madrid a provoqué l'inquiétude de ses partenaires récemment en annonçant d'une part que son déficit 2011 était beaucoup plus important que prévu, à 8,51% contre 6% annoncé dans un premier temps, puis en prévenant début mars qu'il ne pourrait tenir l'objectif agréé avec l'UE d'une réduction du déficit 2012 à 4,4%. L'objectif finalement retenu est de 5,3% avant un retour à 3% escompté l'année suivante.

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