L'UFC-Que choisir s'attaque au monopole des pharmacies

L'association de consommateurs UFC-Que Choisir veut remettre en cause le monopole des pharmacies, en proposant que les médicaments accessibles sans ordonnance puissent être vendus en parapharmacies et grandes surfaces, sous le contrôle d'un pharmacien diplômé.[AFP/Archives]

L'association de consommateurs UFC-Que Choisir veut remettre en cause le monopole des pharmacies, en proposant que les médicaments accessibles sans ordonnance puissent être vendus en parapharmacies et grandes surfaces, sous le contrôle d'un pharmacien diplômé.

L'UFC abonde ainsi dans le sens des revendications de la grande distribution, Leclerc en particulier, qui revendique depuis de nombreuses années la possibilité de vendre des médicaments moins cher.

Sans surprise, la proposition se heurte à une fin de non recevoir du Conseil national de l'Ordre des Pharmaciens. "Nous sommes franchement opposés au fait de mettre les médicaments dans d'autres circuits", a déclaré à l'AFP sa présidente, Isabelle Adenot, plaidant la sécurité.

L'UFC insiste sur la nécessité de "garantir les mêmes modalités de contrôle qu'une pharmacie d'officine", mais aussi de renforcer l'information des consommateurs sur des médicaments qui ne font pas l'objet d'un conseil préalable du médecin.

L'association demande ainsi que les principales contre-indications et interactions à éviter figurent dans un encadré, directement sur la boîte de ces médicaments. Elle demande aussi l'interdiction de toute publicité grand public, en dehors des lieux de vente, pour les médicaments accessibles sans ordonnance.

L'UFC fonde ses propositions de "réforme de l'automédication" sur une enquête de terrain (http://bit.ly/Hablpa) menée récemment auprès de 648 pharmacies, qui a "confirmé les maux déjà diagnostiqués" lors d'une précédente enquête en 2009 : "un conseil grippé, une opacité des prix et une inquiétante fièvre tarifaire".

Ainsi, dans une situation d'achat en automédication de deux médicaments incompatibles (Aspirine UPSA Vitamine C et Rhinureflex, médicament contenant de l'ibuprofène), "seul un pharmacien sur deux" a indiqué spontanément l'interaction entre les deux médicaments.

"Des commerçants comme les autres"

"Cette enquête met en lumière une défaillance majeure de la part des pharmaciens sur leur obligation de conseil", a estimé Alain Bazot, président de l'UFC, pour qui "cette défaillance ramène les pharmaciens à des commerçants comme les autres".

Pour le Dr Adenot, si "on ne peut pas laisser dire que tous les pharmaciens font mal leur travail", cette enquête "alerte" néanmoins la profession. "On ne peut que déplorer les chiffres qui sont donnés par cette enquête", a-t-elle réagi, s'interrogeant cependant sur la méthodologie employée.

"Nous travaillons, à l'Ordre, a améliorer les choses", a-t-elle assuré, précisant que la profession allait être soumise à une obligation annuelle de "développement professionnel continu" contrôlé par l'Ordre.

"Il faut sans arrêt amener les confrères vers plus de qualité, plus de sécurité", a souligné le Dr Adenot.

Pour l'UFC, l'enjeu d'une "réforme de l'automédication" est double, à la fois sanitaire et financier.

L'enquête a ainsi montré un écart de 1 à 4 (de 1,30 euro à 4,95) sur le prix de l'aspirine UPSA Vitaminée (médicament non remboursable, dont le prix est libre) achetée dans 547 officines. "On n'a jamais vu de tels écarts dans d'autres secteurs de la consommation", a commenté M. Bazot.

L'UFC-Que Choisir chiffre entre 11,4% et 16,3% l'économie pour les consommateurs qu'engendrerait la libéralisation de la distribution des médicaments vendus sans ordonnance.

L'automédication, c'est à dire l'ensemble des médicaments vendus sans ordonnance, représente, selon l'UFC-Que Choisir, "un tiers des dépenses de médicaments des consommateurs", soit 2,1 milliards d'euros. 80% de cette dépense est consacrée aux médicaments dont les prix sont libres.

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