Le Bundestag examine le plan de sauvetage

La chambre basse du Parlement allemand (Bundestag) a commencé à examiner jeudi les deux piliers de l'édifice anti-crise européen, pacte budgétaire et mécanisme de sauvetage (MES), le ministre des Finances appelant l'opposition à ne pas les bloquer.[DPA/AFP]

La chambre basse du Parlement allemand (Bundestag) a commencé à examiner jeudi les deux piliers de l'édifice anti-crise européen, pacte budgétaire et mécanisme de sauvetage (MES), le ministre des Finances appelant l'opposition à ne pas les bloquer.

"Nous sommes en bon chemin" pour surmonter la crise de la dette qui a embrasé la zone euro, a déclaré Wolfgang Schäuble devant les députés "et nous allons poursuivre ce chemin de manière conséquente".

Les textes sur le pacte budgétaire et sur le MES étaient examinés jeudi en première lecture par les députés. Le gouvernement aimerait les voir voter en même temps fin mai mais l'opposition réclame plus de temps pour se prononcer sur le pacte budgétaire.

A priori, Angela Merkel devrait pouvoir compter sur le soutien dans les deux cas de deux des trois partis d'opposition, les sociaux-démocrates du SPD et les Verts.

Au moins pour le pacte budgétaire, elle a besoin de ces voix: l'adoption du texte, qui engage 25 des 27 pays de l'Union européenne à plus de discipline budgétaire, requiert une majorité des deux-tiers.

L'opposition a toutefois commencé à poser des conditions: le SPD veut conditionner son vote à l'introduction au moins en zone euro d'une taxe sur les transactions financières et réclame un engagement plus marqué de Mme Merkel en faveur de sa création.

M. Schäuble a affirmé que Berlin était, aux côté de Paris, le plus engagé pour une telle taxe. "Nous ferons tout ce qui est humainement possible pour arriver à une décision", a-t-il promis, à la veille d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro qui se penchera sur la question.

Mais "il n'y a aucune raison de faire capoter la stabilisation de notre monnaie commune sur cette question", a-t-il plaidé.

L'opposition reproche également au pacte de ne se préoccuper que de rigueur budgétaire et de ne rien contenir qui stimule la croissance et l'emploi en Europe. "Le chômage de masse va détruire l'Europe", a mis en garde Jürgen Trittin, chef de file des députés Verts.

Les partis d'opposition réclament un engagement de Berlin et des autres capitales pour plus de croissance, mais n'ont pas formulé de revendication précise à cet égard.

Les débats sur le MES n'étaient eux que tâtonnants jeudi, la question du volume total du mécanisme n'étant pas encore tranchée. La réunion de vendredi doit clarifier ce point.

Mme Merkel avait consenti en début de semaine à cumuler de façon temporaire les 500 milliards d'euros de capacité de prêts du MES et une partie des fonds du mécanisme déjà à l'oeuvre, le FESF. La taille du pare-feu qui en résulterait, plus de 700 milliards d'euros, est déjà jugée insuffisante par certains.

Le ministre français des Finances François Baroin a ainsi évoqué jeudi un volume proche de 1.000 milliards d'euros.

Mais "si on convertit en dollars au cours actuel, on arrive à peu près aux 1.000 milliards" évoqués par beaucoup, a jugé dans une interview télévisée jeudi matin Volker Kauder, président du groupe parlementaire conservateur (CDU/CSU), "je ne comprends pas pourquoi tout le monde s'excite".

M. Schäuble a estimé lui aussi que la concession de l'Allemagne amenait le mécanisme à un niveau amplement suffisant et mis en garde contre la surenchère de chiffres.

"Vous espérez après l'apaisement (des marchés) depuis Noël que tout sera bientôt fini" mais "vous n'y arriverez pas avec le volume du MES", leur a rétorqué Frank-Walter Steinmeier, poids lourd du SPD.

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