La zone euro tranche sur le renforcement de son pare-feu financier

La zone euro va tenter vendredi de se mettre d'accord sur le montant de son pare-feu financier qui doit la protéger contre de nouveaux soubresauts dans la crise de la dette, à l'heure où la situation économique de l'Espagne suscite des inquiétudes.[AFP/Archives]

La zone euro va tenter vendredi de se mettre d'accord sur le montant de son pare-feu financier qui doit la protéger contre de nouveaux soubresauts dans la crise de la dette, à l'heure où la situation économique de l'Espagne suscite des inquiétudes.

Le renforcement du Mécanisme européen de stabilité (MES) qui doit entrer en vigueur au 1er juillet divise au sein de la zone euro.

Premier contributeur des plans de sauvetage, l'Allemagne a longtemps refusé d'augmenter la capacité de prêts de ce mécanisme financier, censé être doté de 500 milliards d'euros.

Elle a récemment assoupli sa position, mais pas assez pour satisfaire la Commission européenne, la France ou des organisations comme l'OCDE qui plaident pour un fonds de secours de près de 1.000 milliards d'euros, afin de rassurer pleinement les marchés.

"Le pare-feu, c'est un peu comme le nucléaire sur le plan militaire, c'est fait pour ne pas être utilisé, c'est de la dissuasion", a expliqué jeudi à Paris le ministre français de l'Economie, François Baroin.

Dans la soirée, son homologue allemand Wolfgang Schäuble a rejeté l'idée d'un Fonds de secours de 1.000 milliards d'euros, mais a envisagé d'aller jusqu'à près de 800 milliards d'euros. Pour parvenir à un tel montant, il a suggéré d'ajouter aux 500 milliards d'euros du MES des prêts déjà octroyés ou promis par l'Europe aux pays en difficultés, en provenance de différentes enveloppes.

Cette proposition sera débattue vendredi à partir de 09H00 (07H00 GMT) par les ministres des Finances de la zone euro, réunis à Copenhague, avant qu'ils ne soient rejoints par leurs collègues des dix autres pays de l'UE.

Au même moment, le gouvernement espagnol présentera son nouveau budget 2012 qui prévoit des coupes sévères et sera scruté par ses partenaires, en raison du dérapage des déficits du pays.

Autre sujet qui devrait donner lieu à d'intenses tractations: le choix d'un nouveau membre pour le directoire de la Banque centrale européenne (BCE). Le Luxembourgeois Yves Mersch part favori.

Malgré un calendrier serré, ces nominations pourraient être repoussées, en raison notamment de la présidentielle française qui vient perturber le jeu.

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