La Bourse de Paris va chercher un second souffle

La Bourse de Paris, qui a conclu en repli un premier trimestre 2012 encourageant, tentera la semaine prochaine de trouver un second souffle avec une série d'indicateurs américains et une réunion de la BCE, au moment où les perspectives économiques inquiètent en zone euro.[AFP/Archives]

La Bourse de Paris, qui a conclu en repli un premier trimestre 2012 encourageant, tentera la semaine prochaine de trouver un second souffle avec une série d'indicateurs américains et une réunion de la BCE, au moment où les perspectives économiques inquiètent en zone euro.

Sur la semaine écoulée, l'indice vedette CAC 40 a lâché 1,51%, pour terminer vendredi à 3.423,81 points. La veille, il était retombé sous les 3.400 points, une première depuis trois semaines, affecté par la fuite de gaz sur une plateforme Total en mer du Nord qui a pesé sur le titre.

Cela n'a pas empêché le marché parisien de signer un premier trimestre 2012 de très bonne facture, terminé sur une hausse de 8,35%.

"Le premier trimestre de l'année s'achève et le bilan boursier est plutôt flatteur", résume Fabrice Cousté, directeur général de CMC Markets France.

Les investisseurs ont profité durant ces trois mois du second plan de sauvetage de la Grèce, dont la dette a été restructurée, ainsi que des injections de liquidités massives de la Banque centrale européenne (BCE).

Du coup, depuis mars, le marché marque une pause, souligne Nicolas Just, un des responsables de la gestion d'actions chez Natixis AM. "Le marché n'est pas encore en train d'entrer dans une phase de peur. Il est juste en train d'acter le fait qu'il a pris entre 15 et 20% depuis décembre", selon le gérant.

Cette période d'attentisme est alimentée par des inquiétudes ravivées cette semaine sur la situation économique en zone euro, dont la croissance est à la traîne par rapport aux Etats-Unis, sans compter quelques tensions sur le marché obligataire, notamment sur l'Espagne, dont le déficit public inquiète.

"Les investisseurs ne sont pas dupes. Ils pensent qu'il va se passer des choses, notamment en Europe, puisque les problèmes sont toujours là, concernant le dispositif anticrise et la gouvernance de la zone euro", pour M. Just.

Les marchés peuvent se satisfaire de l'accord trouvé au sein des pays de la zone euro pour renforcer leur fonds de secours financier à 800 milliards d'euros au total, afin de se protéger d'une répétition de la crise de la dette.

Mais "les taux obligataires des pays fragiles vont probablement connaître des tensions à court terme", prédisent les économistes de BNP Paribas, qui estiment que "la faiblesse de l'activité économique va mettre en lumière les risques de dérapages budgétaires".

La semaine à venir sera marquée en Europe par une réunion de la BCE jeudi.

"Personne n'attend de changement dans la politique ou la rhétorique de la BCE", jugent les économistes de la banque Unicredit, qui ajoutent que les propos sur le financement bancaire retiendront l'attention des investisseurs.

Les investisseurs se tourneront surtout vers les Etats-Unis où une série de statistiques sont attendues, parmi les plus surveillées chaque mois, à savoir l'activité dans l'industrie et les services ainsi que les chiffres du chômage.

Aux Etats-Unis, "on a eu des informations moins mauvaises qu'attendu en janvier et février qui ont fait remonter le moral des investisseurs. Mais les nouvelles depuis mars sont moins favorables", remarque M. Just.

La semaine pourrait être peu dynamique en termes de volumes d'échanges, puisque qu'elle sera écourtée vendredi, en raison de la fermeture des marchés américains et français pour cause de fête de Pâques. Le marché parisien ne rouvrira ses portes que le mardi 10 avril.

Pour M. Cousté, la pause du marché et le faible nombre de transactions peut toutefois être une occasion à saisir pour certains investisseurs "restés à l'écart des actions, ou pour ceux qui souhaitent effectuer +un nettoyage+ de leur portefeuille".

Plus prudent, M. Just constate pour l'heure que "les marchés sont sous perfusion de liquidités, ce qui oblige les investisseurs à travailler à très court terme, une semaine à 15 jours."

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