Manifeste pour "une grande politique du tourisme"

Les deux principaux syndicats de l'hôtellerie publient mardi un "manifeste" destiné aux candidats à la présidentielle demandant "une grande politique du tourisme" capable de dynamiser ce secteur créateur de valeur et d'emplois non délocalisables, mais "en perte vitesse".[AFP/Archives]

Les deux principaux syndicats de l'hôtellerie publient mardi un "manifeste" destiné aux candidats à la présidentielle demandant "une grande politique du tourisme" capable de dynamiser ce secteur créateur de valeur et d'emplois non délocalisables, mais "en perte vitesse".

Pour l'Umih, syndicat majoritaire de l'hôtellerie-restauration et le GNC (groupement national des chaînes), le tourisme en France reste un secteur "méconnu", peu soutenu par les pouvoirs publics et qui "perd des parts de marchés" au profit notamment de l'Espagne.

Les deux syndicats ont dressé un état des lieux du poids du secteur et établi des recommandations pour "rendre sa compétitivité à l'industrie du tourisme, et à son moteur, l'hôtellerie".

Le tourisme représente 7,1% du PIB, et, par exemple, 41,6 milliards d'euros de valeur ajouté contre 30 milliards pour l'énergie ou pour l'agriculture et 11,2 milliards pour l'automobile, selon cette étude.

Il emploie 975.000 personnes (dont 175.000 non-salariés) directement et presque autant indirectement. Soit un total de 1,8 million d'emplois non-délocalisables, "4 fois plus que dans l'industrie automobile", insistent l'Umih et le GNC.

La balance des paiements (ce que les étrangers rapportent, NDLR) affiche un solde positif de 7,8 milliards d'euros, contre 7,3 pour l'automobile.

Enfin, les taxes de séjours ont rapporté près de 170 millions d'euros aux communes et communautés de communes.

Et pourtant, déplorent les syndicats, Etat et collectivités locales ne dépensent que 75 millions d'euros par an pour la promotion touristique contre 195 millions en Espagne.

Et la France perd du terrain. Certes, elle reste au premier rang mondial en nombre d'entrée de touristes internationaux (76,8 millions en 2010), devant les Etats-Unis (54,9) et l'Espagne (52,2). Mais elle n'est que 3è en termes de dépenses (41 milliards), derrière les Etats-Unis et l'Espagne.

La part du tourisme français dans les recettes globales du tourisme international est passé de 6,4% en 2000 à 5,7% en 2009. Alors que la part espagnole est restée stable passant de 6,3 à 6,2%.

En outre, les capacités d'accueil (17.000 hôtles et 615.000 chambres au 1er janvier 2011) ont diminué de 6% depuis entre 2006.

"L'offre touristique de la France n'est certes pas délocalisable, souligne le rapport, mais la clientèle touristique est particulièrement volatile" et la concurrence accrue.

Pour que hôtellerie et tourisme restent compétitifs et l'Umih et le GNC en appellent à "une politique du tourisme réellement dynamique", sinon, "les avantages acquis de la France risquent de se transformer en handicaps".

"Les dirigeants de demain devront eux aussi, à l'image de nos concurrents espagnols ou américains, porter comme le président Obama en janvier dernier, à haut niveau le flambeau de l'industrie du tourisme français et offrir à nos hôteliers les outils nécessaires pour mieux promouvoir leurs compértences et préserver notre leadership", écrivent les hôteliers.

De manière plus pratique, ils souhaitent également que l'hôtellerie puisse "compter sur une stabilité fiscale" à savoir le taux réduit à 7% et "un arrêt de la multiplication de nouvelles taxes ou leur augmentation".

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