Le Portugal passe les tests de Bruxelles et des marchés

Après les éloges de Bruxelles sur la mise en oeuvre de son programme de rigueur et de réformes, le Portugal, qui tente de regagner la confiance des marchés, est parvenu mercredi à placer son premier emprunt à 18 mois depuis sa demande d'aide financière.[AFP/Archives]

Après les éloges de Bruxelles sur la mise en oeuvre de son programme de rigueur et de réformes, le Portugal, qui tente de regagner la confiance des marchés, est parvenu mercredi à placer son premier emprunt à 18 mois depuis sa demande d'aide financière.

Lors d'une opération qui visait à tester l'appétit des investisseurs, l'agence portugaise de la dette a réussi à lever 1,5 milliard d'euros en bons du Trésor à 6 et 18 mois.

Le taux d'intérêt exigé pour les titres à six mois est tombé à 2,9% et la demande a doublé par rapport l'opération similaire de la mi-février.

En ce qui concerne les bons à 18 mois, le taux s'est établi à 4,537% et la demande a été soutenue.

Mais, surtout, il s'agissait de l'emprunt à la maturité la plus longue que le Portugal ait placé depuis qu'il a obtenu un prêt de 78 milliards d'euros de l'Union européenne et du Fonds monétaire international.

D'après le plan d'aide conclu en mai dernier, cette enveloppe doit couvrir les besoins financiers du pays jusqu'en septembre 2013, date à partir de laquelle Lisbonne est censé se financer normalement à moyen et long terme.

Avec l'allongement progressif de la maturité de ses bons du Trésor, le gouvernement portugais veut opérer une "transition vers un accès normal au marché d'obligations", a expliqué le ministre des Finances Vitor Gaspar, s'exprimant au Parlement peu avant l'émission de mercredi.

Cette opération représente "un test réussi" et "reflète une ambiance plus positive concernant le Portugal", a estimé Pedro Arbués, gestionnaire d'actifs du groupe Espirito Santo cité par le Jornal de Negocios.

En effet, la Commission européenne avait exprimé sa satisfaction quant à la mise en oeuvre du programme de rigueur et de réformes exigé par les créanciers du pays.

Sur le front budgétaire notamment, Lisbonne a affiché l'an dernier un déficit public de 4,2% du PIB alors que la Troïka UE-BCE-FMI avait placé la barre à 5,9%. Même obtenu grâce à des recettes exceptionnelles, ce résultat contraste avec les difficultés qu'éprouve l'Espagne voisine.

Mais Bruxelles a également prévenu que le Portugal restait confronté à "d'importants risques et défis" dans un contexte de forte récession économique.

En conséquence de la sévère cure d'austérité imposée par le gouvernement du Premier ministre Pedro Passos Coelho, l'économie devrait se contracter de plus de 3% cette année, tandis que le chômage frappe déjà 15% de la population active.

Face à cette conjoncture, de nombreux analystes estiment que le pays aura besoin d'un deuxième plan d'aide car les investisseurs continueront à exiger des rendements trop élevés pour que le Portugal puisse se refinancer normalement à partir de l'automne 2013.

"Pour le moment, nous estimons que le programme est sur la bonne voie et qu'il devrait permettre au Portugal de revenir sur les marchés en 2013", avait réagi à Bruxelles le chef adjoint de la dernière mission d'évaluation envoyée par la Commission à Lisbonne, Peter Weiss.

"Du côté de l'UE, il est sage de préparer la construction d'une sorte de pont quand le Portugal reviendra sur les marchés", a toutefois déclaré mercredi le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, à la télévision finlandaise MTV3, cité mercredi par l'agence Dow Jones Newswires.

Toutefois, M. Rehn n'a pas précisé quelle forme ce mécanisme pourrait prendre, soulignant que le Portugal éviterait le sort de la Grèce, obligée de restructurer sa lourde dette.

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