Les Bourses mondiales euphoriques grâce à la Fed

Des traders à la bourse de New-York, le 13 septembre 2012 [Spencer Platt / Getty Images/AFP] Des traders à la bourse de New-York, le 13 septembre 2012 [Spencer Platt / Getty Images/AFP]

De Paris à Hong Kong, les Bourses mondiales s'apprêtaient à terminer la semaine en fanfare vendredi, saluant à l'unisson les mesures inédites de soutien à l'économie américaine annoncées la veille par la banque centrale (Fed).

Après avoir fini en ordre dispersé la veille, les places européennes ont démarré la séance tambour battant vendredi. Vers 07H20 GMT (09H20 à Paris) Paris gagnait 1,83%, Londres 1,31%, Francfort 1,43%, Madrid 2,25% et Milan 1,98%, rassurées sur la volonté et la détermination de la Fed à agir pour revigorer l'économie américaine.

Wall Street avait donné le ton la veille, le Dow Jones (+1,55%) terminant à ses plus hauts depuis le 26 décembre 2007 et le Nasdaq (+1,33%) depuis le 15 novembre 2000.

L'Asie lui a ensuite emboîté le pas, avec un gain de 1,83% enregistré à Tokyo, tandis que Hong Kong prenait 2,89% et Shanghai 0,64% quelques heures avant la clôture. A mi-séance, Séoul bondissait de 2,58% et Sydney de 1,07%.

Ce qui est bon pour l'économie américaine est "bon pour l'économie mondiale", a commenté vendredi le ministre japonais des Finances, Jun Azumi.

Après le "bazooka" de la Banque centrale européenne (BCE), la Fed a dégainé à son tour jeudi une arme puissante en se lançant dans un troisième cycle de mesures d'aide à la croissance baptisées "assouplissement quantitatif" (QE3) au terme de deux jours de réunion de son comité de politique monétaire.

Décrivant une situation économique maussade et un taux de chômage "qui reste élevé", la banque centrale s'est engagée à racheter des titres adossés à des créances immobilières émis par les organismes de refinancement hypothécaires parapublics (Fannie Mae, Freddie Mac).

Fait rare, elle ne s'est pas engagée sur une somme totale, ni sur un calendrier fixe, mais sur un montant mensuel de 40 milliards de dollars, tout en ajoutant qu'elle continuera le programme si "la perspective du marché du travail ne s'améliore pas nettement".

Les annonces de la Fed font écho à celles de la BCE annoncées le 6 septembre, avancent les analystes.

"Ces actions combinées donnent aux marchés (financiers) le sentiment, indispensable, de stabilité, et devraient soutenir les cours des actions au cours des prochaines séances, voire plus longtemps", a commenté Hiroyuki Fukunaga, analyste chez Investrust au Japon.

Rassurés, les investisseurs ont renoué avec l'appétit pour les actifs jugés risqués comme l'euro. La monnaie unique s'échangeait ainsi au-dessus de 1,30 dollar, un plus haut depuis mai.

Sur le marché de la dette, les taux d'emprunt des pays dits fragiles de la zone euro comme l'Espagne et l'Italie se détendaient, tandis que les cours du pétrole remontaient sensiblement dans les échanges électroniques à Londres et à New York.

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en octobre gagnait 1,28 dollar, à 99,59 dollars et le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre 72 cents à 116,75 dollars.

Nombre d'analystes s'interrogent néanmoins sur la durée de cette accalmie, les séances de fort rebond ayant souvent été suivies de rechute.

"Une question reste en suspens: combien de temps la Fed devra-t-elle maintenir ces nouvelles mesures, sachant que les marchés ont toujours besoin de davantage de stimuli pour parvenir aux mêmes niveaux ?", s'interroge par exemple Cameron Peacock, analyste chez IG Markets.

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