Fiat restera en Italie grâce aux profits réalisés à l'étranger

Calendre d'une Fiat [Joe Raedle / Getty Images/AFP/Archives] Calendre d'une Fiat [Joe Raedle / Getty Images/AFP/Archives]

Le groupe automobile Fiat restera en Italie grâce aux profits réalisés sur les marchés étrangers, a assuré le patron du constructeur Sergio Marchionne en réponse à une polémique sur la responsabilité de son groupe envers le pays.

"Je cherche à profiter de la reprise du marché américain, en l'exploitant au maximum, pour parvenir à cette sécurité financière qui me permet de protéger la présence de Fiat en Italie et en Europe en ce moment dramatique", a dit M. Marchionne dans une interview au quotidien La Repubblica.

"La Fiat a accumulé des pertes de 700 millions d'euros en Europe et résiste à ces pertes grâce aux succès aux Etats-Unis et dans les pays émergents. Cette année, Fiat gagnera au niveau opérationnel 3,5 milliards d'euros, tous provenant en-dehors de l'Italie", a-t-il précisé.

Sergio Marchionne a récemment annoncé une refonte de sa stratégie en Italie, dont le détail sera présenté fin octobre, soulignant cependant une nouvelle fois l'abandon du concept stratégique "Fabbrica Italia" qui avait été élaboré en 2010 et prévoyait des investissements de 20 milliards d'euros dans le pays et la filière automobile.

Cette annonce a suscité un grand émoi dans le pays, aussi bien parmi les syndicalistes que les forces politiques, Fiat étant le principal employeur privé du pays et un symbole industriel national.

M. Marchionne a expliqué les pertes de parts de marché de Fiat par le fait que le marché italien est prépondérant pour la marque mais qu'il est celui qui a le plus souffert en Europe, avec celui espagnol.

"Le marché n'existe plus. En Italie nous sommes en-dessous de 1,4 million de voitures par an (le total de toutes les marques, ndlr) ce qui signifie que nous avons perdu 1,1 million en cinq ans", a-t-il dit.

Il a également défendu son choix de ne pas sortir de nouveaux modèles et de limiter les investissements, affirmant qu'il était insensé de le faire en temps de crise et sans l'espoir de récupérer ne serait-ce que les sommes investis.

"Avec un modèle nouveau, dans les conditions actuelles, je vous concède que j'aurais peut-être vendu 30.000 voitures de plus. Mais concédez-moi que j'aurai probablement perdu 2 milliards d'euros" d'investissements non remboursés, a précisé Sergio Marchionne.

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