La fusion EMI/Universal autorisée en échange de cessions

Un studio d'enregistrement d'EMI à Londres [Carl de Souza / AFP/Archives] Un studio d'enregistrement d'EMI à Londres [Carl de Souza / AFP/Archives]

La Commission européenne a donné son feu vert vendredi au rachat d'EMI Music par son concurrent Universal, première maison de disques mondiale, à condition que ce dernier cède une grosse partie des labels musicaux et des droits de sa cible.

Bruxelles a autorisé "le projet d'acquisition des activités de musique enregistrée d'EMI par le groupe Universal Music. Cette autorisation est subordonnée à la cession du label Parlophone et de nombreux autres actifs de musique qu'EMI possède dans le monde entier", indique-t-on dans un communiqué.

Principal actif qu'Universal s'est engagé à céder: EMI Recording Limited, qui possède le label Parlophone (la maison de disques de Coldplay, Kylie Minogue, Pink Floyd, David Bowie ou encore de Tina Turner).

Universal est également prêt à se séparer d'EMI France (propriétaire du catalogue de David Guetta), des labels de musique classique d'EMI, de Chrysalis (la maison de disques de Depeche Mode et de Moby) et d'autres labels.

"Les engagements très importants proposés par Universal permettront de maintenir la concurrence dans le secteur de la musique et les consommateurs européens pourront ainsi continuer à bénéficier de tous ses avantages", s'est félicité Joaquin Almunia, le commissaire européen en charge de la Concurrence.

Ces cessions correspondent à deux tiers du chiffre d'affaires d'EMI en Europe. Elles ont été exigées par Bruxelles qui s'inquiétait de la fusion entre EMI et Universal qui réunit "deux des quatre principales maisons de disques au monde".

Gardienne de la concurrence en Europe, la Commission "craignait que cette opération ne confère à Universal un pouvoir excessif sur le marché vis-à-vis de ses clients directs, qui revendent au détail de la musique enregistrée sur support physique et numérique".

Avec à la clé, le risque "d'imposer des prix plus élevés et des conditions plus onéreuses d'octroi de licences aux fournisseurs de musique numérique".

Face à ces craintes, la Commission avait ouvert une enquête approfondie en mars sur cette fusion.

Le rachat par Universal Music Groupe (UMG), filiale du groupe français Vivendi, de sa concurrente EMI Music à la banque Citigroup avait été annoncé en novembre 2011 pour 1,2 milliard de livres (environ 1,5 milliard d'euros).

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