Le "Made in America" revient en force

Le président américain Barack Obama, le 21 septembre 2012 à Woodbridge, en Virginie [Saul Loeb / AFP] Le président américain Barack Obama, le 21 septembre 2012 à Woodbridge, en Virginie [Saul Loeb / AFP]

Quatre ans après le pic de la crise financière, qui s'est traduite par une réduction drastique des salaires, les Etats-Unis retrouvent la faveur des industriels comparé à l'Asie ou au Canada.

Le président américain Barack Obama en fait l'un de ses arguments de campagne pour convaincre que l'économie américaine s'améliore: "Faire des affaires devient plus difficile en Chine", où "les salaires augmentent" tout comme "les coûts d'expédition", assurait-il en mai.

"Pendant ce temps, les travailleurs américains deviennent de plus en plus productifs" et "pour beaucoup d'entreprises, il commence à être logique de ramener des emplois" aux Etats-Unis, ajoutait M. Obama.

Celui-ci faisait notamment référence à une étude du cabinet de conseil BCG affirmant que 48% des entreprises réalisant plus de 10 milliards de dollars de chiffre d'affaires envisagent de ramener leur production de Chine vers les Etats-Unis.

Cette tendance à la "relocalisation" a commencé "dans la perspective de la reprise aux Etats-Unis", pour être plus près des clients et pour éviter de lourds coûts de transports depuis la Chine par exemple, souligne Adam Fleck, économiste à la maison de recherche Morningstar.

Sans compter les perspectives d'énergie bon marché et abondante dues au boum du gaz de schiste aux Etats-Unis.

M. Fleck cite en exemple des équipementiers de construction comme Terex, qui fabrique des plateformes et grues, ou encore le fabricant de machines agricoles Agco.

Des géants comme General Electric et Caterpillar, s'ils n'ont pas diminué leur production en Chine, tendent à développer davantage leur production aux Etats-Unis qu'il y a encore quelques années.

 

Sacrifices salariaux

GE "construit 15 nouvelles usines aux Etats-Unis et rien qu'en 2011, y a créé 10.000 nouveaux emplois", note le porte-parole du conglomérat américain Sébastien Duchamp.

Le niveau élevé du yen et les risques posés par l'éloignement géographique au sein de la chaîne de production, mis en lumière lors du tremblement de terre en Japon l'an dernier, ont également conduit les constructeurs automobiles, américains et japonais à augmenter leurs capacités de production aux Etats-Unis.

Caterpillar a lui aussi "réduit des capacités de production au Japon pour les relocaliser, (notamment) au Texas", remarque M. Fleck.

Les sacrifices salariaux consentis dans de nombreux secteurs pour préserver des emplois, notamment dans l'automobile, incitent les grands groupes américains à rapatrier la production du Canada au sud de la frontière.

Les constructeurs automobiles américains ont ainsi fermé plusieurs usines en Ontario et les employés de Ford et GM au Canada ont échappé à de nouvelles fermetures pas plus tard que cette semaine en acceptant de nouvelles baisses de rémunération. Caterpillar a lui aussi fermé une usine en Ontario début 2012.

"L'Amérique va-t-elle devenir une nation low cost ?", ironise Evariste Lefeuvre, économiste de Natixis, dans un livre à paraître, "La renaissance américaine", dont l'AFP a reçu copie.

Selon lui, rapatrier vers les Etats-Unis la production de pays comme la Chine, où les ouvriers sont "payés 500 dollars par mois", ne fait en tout cas aucun sens.

Pour M. Lefeuvre, le renouveau manufacturier américain devrait plutôt se focaliser sur la formation "des individus aux techniques de production modernes, ce qui permettra de renforcer l'attractivité du territoire, avec des effets multiplicateurs sur les emplois de services locaux".

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