Révision et réparation auto: l'UFC dénonce les tarifs des constructeurs

Deux mécaniciens réparent une voiture [Mychele Daniau / AFP/Archives] Deux mécaniciens réparent une voiture [Mychele Daniau / AFP/Archives]

Faire réparer et surtout réviser sa voiture dans un garage affilié à un constructeur coûte largement plus cher que dans un centre auto, selon une enquête de l'UFC Que Choisir qui dénonce des tarifs "abusivement élevés" et des pratiques anticoncurrentielles.

La révision des 60.000 km d'une Clio dans un garage Renault est en moyenne 49% plus cher que dans un centre auto (Midas, Norauto, Speedy...) et celle d'une 207 dans un garage Peugeot coûte 70% de plus en moyenne que dans les centres, révèle l'enquête publiée mardi.

Pour les réparations, les relevés de prix effectués auprès de 1.440 enseignes en France (centres auto, garages et structures affiliées à Renault, Peugeot, Ford et Volkswagen) montrent que les constructeurs sont en moyenne 22% plus chers.

"Il est illogique que les écarts entre les prix moyens des révisions chez les constructeurs et les prix de la main d'oeuvre s'accentuent de manière aussi importante. D'autant plus lorsqu'il s'agit d'entretenir des véhicules de sa propre marque", note l'UFC, qui a utilisé pour son test deux "stars du marché", une Renault Clio et une Peugeot 207, avec moteur diesel.

La réparation et l'entretien sont des activités "particulièrement lucratives" qui "permettent à certains constructeurs de bénéficier d'un niveau de marge impossible à obtenir via la vente de véhicule", souligne l'étude.

Malgré les écarts de prix, les garages affiliés aux constructeurs détiennent 83% du marché de la révision des véhicules de moins de deux ans, relève l'association qui détaille dans son enquête "la stratégie des constructeurs pour limiter la concurrence".

Pas de risque de perdre la garantie

Première explication: "Dans 40% des cas les structures affiliées aux constructeurs ont refusé un véhicule d'une marque concurrente", indique Edouard Barreiro, responsable de l'enquête, parlant d'"échange de bons procédés" vu que "dans 58% des cas, le refus de prise en charge a été suivi d'une recommandation d'aller vers le professionnel rattaché à la marque".

Autre argument: faire croire à l'automobiliste qu'il perdra le bénéfice de sa garantie s'il n'entretient pas le véhicule chez un professionnel de la marque, alors que la législation stipule que le consommateur est libre d'entretenir sa voiture en dehors du réseau.

Enfin, l'argument de l'expertise technique, également utilisé, est invalide selon l'UFC, qui rappelle que la réglementation européenne demande aux constructeurs de partager les informations techniques concernant leurs modèles avec les garagistes.

"Il y a des enjeux de pouvoir d'achat pour le consommateur, car le poste de la réparation et de l'entretien est considérable dans le budget voiture, de l'ordre de 40%", estime Alain Bazot, président de l'UFC.

"Il faut que le consommateur soit à même de choisir une offre concurrente, mais nous ne sommes pas sur un pied d'égalité quand la voiture est achetée neuve, car nous n'avons pas eu accès au client pour lui proposer des offres d'entretien", regrette Yves Riou, délégué général de la Fédération des distributeurs auto indépendants (Feda).

Pour "mettre fin à cette croyance qu'il n'y a pas d'autre alternative que d'aller chez le constructeur pour faire réviser ou réparer sa voiture", M. Bazot souhaite obliger les constructeurs à informer les automobilistes, dans leurs contrats ou dans le carnet d'entretien par exemple.

L'UFC compte demander à ce qu'un dispositif en ce sens soit inclus dans le futur projet de loi Consommation et va saisir la DGCCRF pour qu'elle "contrôle et sanctionne les professionnels".

Une carte des relevés de prix par enseignes, effectués en juin dans 81 départements, est en ligne sur le site de l'UFC (www.quechoisir.org).

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