Le spectre des fermetures d'usines plane sur le Mondial de l'auto

Des visiteurs au Mondial de l'automobile de Paris, le 10 octobre 2004. [Francois Guillot / AFP/Archives] Des visiteurs au Mondial de l'automobile de Paris, le 10 octobre 2004. [Francois Guillot / AFP/Archives]

Après l'usine de PSA Peugeot Citroën d'Aulnay, d'autres usines pourraient-elles fermer en Europe? Cette question sera au coeur du Mondial de l'automobile qui démarre jeudi et réunira à Paris tous les grands noms du secteur jusqu'au 14 octobre.

Les ventes de voitures particulières en Europe ont baissé de 20% depuis leur pic de 2007 et devraient être comprises entre 12,5 et 13 millions cette année, selon les analystes Euler Hermes. Résultat: rares sont aujourd'hui les sites d'assemblage en Europe de l'Ouest qui tournent à plein et les mesures de chômage se multiplient.

Numéro un français, PSA Peugeot Citroën est allé plus loin en programmant la suppression de 8.000 postes dans l'Hexagone et la fermeture en 2014 de son usine d'Aulnay-sous-Bois, en région parisienne, une première en France depuis 20 ans. Avant lui, le site de l'allemand Opel à Anvers, en Belgique, a mis la clé sous la porte, tout comme celui de Fiat en Sicile.

C'est peu comparé aux Etats-Unis où 18 usines ont été fermées, soulignent les analystes. Mais les mentalités ne sont pas les mêmes et régler les problèmes de surcapacités sera "douloureux, plus compliqué, plus long dans le secteur en Europe que ça ne l'a été ici", avertissait récemment le directeur financier de General Motors, dont la filiale allemande Opel est à la peine.

La presse fait régulièrement état d'une possible fermeture de son usine allemande de Bochum après 2016. GM ne commente pas mais vient d'annoncer des coupes significatives dans ses effectifs administratifs en Europe.

Un autre américain, Ford, s'attend à perdre un milliard de dollars cette année sur le Vieux continent et pourrait, selon la presse, condamner son site belge de Genk. Inquiets pour leur avenir, les salariés de Ford Blanquefort, près de Bordeaux, manifesteront au Mondial le 29 septembre, jour de l'ouverture au public. Le 9 octobre, ce seront les salariés de PSA qui se feront entendre en défilant.

Avenir sombre

Le maintien de la présence industrielle de Fiat en Italie semble aussi incertain. L'annonce de l'abandon d'un vaste plan d'investissement dans le pays a fait l'effet d'une bombe et valu à son patron Sergio Marchionne, qui dirige aussi l'américain Chrysler, un entretien, prévu samedi, avec le chef du gouvernement Mario Monti.

Le français Renault s'en sort un peu mieux, mais reconnaît que l'avenir reste sombre.

M. Marchionne, actuel président de l'Association européenne des constructeurs automobiles (ACEA), plaide en vain depuis plusieurs mois pour que l'Union européenne aide ses constructeurs à se restructurer.

En France, le président François Hollande a vivement critiqué le plan de restructuration de PSA et a reçu cette semaine l'intersyndicale d'Aulnay. Il pourrait en dire plus sur ses projets pour la filière lors de sa visite du Mondial vendredi. Le gouvernement français a déjà dévoilé en juillet un plan de soutien axé sur la promotion des "voitures propres".

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg s'y rendra lui dès le 27 et y retournera le 29, deux jours avant le ministre de l'Economie Pierre Moscovici. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault est attendu lui le 5 octobre.

Les constructeurs automobiles allemands, qui profitent de leur position dominante sur le haut de gamme et de leur présence hors d'Europe, ne veulent pas non plus entendre parler de réponse commune à la crise. Volkswagen a même appelé M. Marchionne à démissionner de l'ACEA.

Tous ces facteurs font que la réduction des capacités de production en Europe "pourrait prendre bien jusqu'en 2013, voire plus", avertit Standard and Poor's. L'agence de notation financière évalue que les mesures déjà annoncées pourront réduire les capacités actuelles de 5%, soit 600.000 véhicules, alors que les problèmes de surcapacités sont évaluées à 20%.

Une note d'optimisme devrait venir des grands équipementiers français, comme Michelin et Valeo, qui profitent de leur internationalisation et d'une production automobile mondiale attendue en hausse de 6,5% à 79,6 millions d'unités.

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