La Bourse de Paris impatiente de voir l'Espagne solliciter son sauvetage financier

Un trader Un trader[PATRICK KOVARIK / AFP ]

La Bourse de Paris, secouée par un regain de tensions en zone euro qui a éclipsé les récentes annonces des banques centrales, va vivre la semaine prochaine au rythme de l'Espagne, impatiente de voir la quatrième économie de la zone euro solliciter un sauvetage financier.

Au cours de la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a cédé 4,98% pour terminer vendredi à 3.354,82 points. Ses gains atteignent 6,17% depuis le 1er janvier mais elle a cédé 2,24% en septembre.

"Le marché a évolué aux couleurs espagnoles cette semaine. Le gouvernement est soumis à trois problèmes: la mauvaise santé de son économie, les tensions grandissantes avec ses régions et son opinion publique ainsi que la pression des marchés", résume Alexandre Hezez, analyste chez Convictions AM.

Le pays, qui est resté en récession au troisième trimestre, traverse une crise politique et sociale. La quatrième économie de la zone euro a été secouée ces derniers jours par une série de manifestations contre l'austérité, et la Catalogne, agitée par une poussée indépendantiste, a annoncé des élections anticipées pour novembre.

Dans ce contexte tendu, le gouvernement de Mariano Rajoy a présenté un projet de budget 2013 marqué par l'austérité.

Paris lui a emboîté le pas vendredi en annonçant une cure de rigueur historique pour ramener le déficit public à 3% du produit intérieur brut en 2013.

Pour les stratégistes du Crédit Mutuel-CIC, "les annonces de lois de Finances en Espagne et en France mettent en lumière la volonté des gouvernements de respecter les objectifs de déficits. Mais ces derniers sont peu réalistes compte tenu des prévisions de croissance retenues" pour 2013 (+0,8% pour Paris, -0,5% pour Madrid), jugées trop optimistes par la majorité des économistes.

L'Espagne restera au centre des attentions

L'Espagne restera au centre des attentions des investisseurs qui pressent le pays de solliciter une aide financière.

"Je ne vois pas comment Madrid échapperait à un sauvetage compte tenu de ses taux d'intérêt qui se maintiennent à un niveau élevé", autour des 6% à échéance 10 ans sur le marché obligataire secondaire, où s'échange la dette déjà émise, estime Philippe Uzan, directeur de la gestion chez Edmond de Rotschild.

"Vu les nouvelles mesures de rigueur annoncées, l'Espagne ne devrait fournir que peu d'efforts supplémentaires", souligne-t-il.

Un dernier élément pourrait décider Madrid à agir: Moody's, qui menace de placer l'Espagne en catégorie spéculative, a jusqu'à dimanche pour se décider.

L'agenda des prochaines séances est encore chargé avec, jeudi, la rencontre mensuelle des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) et la publication des minutes de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed).

"Après les bazookas récemment dégainés par les autorités monétaires, on ne s'attend pas à grand-chose. Mais la BCE pourrait encore baisser son taux directeur et la Fed qui a déjà lancé son nouveau programme nous donner des détails sur ses premiers effets", commente Alexandre Baradez, analyste chez Saxo Banque.

Les nombreux indicateurs notamment sur l'activité manufacturière et dans les services aux Etats-Unis seront particulièrement suivis alors que la croissance de la première économie mondiale au deuxième trimestre a été révisée en nette baisse à 1,3% en rythme annualisé, contre 1,7% précédemment estimé.

Le rapport sur l'emploi américain sera l'un des autres temps forts de la semaine. Les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage ont baissé mi-septembre, mais "est-ce un signe encourageant sur la durée ou une simple pause après six semaines de détérioration ?", s'interroge M. Baradez.

Du côté des entreprises, les opérateurs suivront de près le projet de fusion des groupes de défense et d'aéronautique EADS et BAE Systems qui ont normalement jusqu'au 10 octobre pour trouver un accord.

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