EADS et BAE tentent de dissuader l'Allemagne d'entrer au capital

Montage photo avec le logo d'EADS et celui de BAE Systems à côté d'un drapeau britannique [Christof Stache / AFP/Archives] Montage photo avec le logo d'EADS et celui de BAE Systems à côté d'un drapeau britannique [Christof Stache / AFP/Archives]

EADS et BAE Systems, les deux géants européens de l'aéronautique et la défense qui tentent de fusionner, ont souligné dimanche que les intérêts de l'Allemagne seront préservés sans que le pays ait besoin d'entrer au capital du futur numéro un mondial du secteur.

D'après la presse allemande, le gouvernement de Berlin veut entrer au capital de la société issue de la fusion pour y détenir la même part que la France, déjà présente au capital d'EADS, et préserver ainsi son influence.

Tom Enders, le patron d'EADS, et Ian King, son homologue dans le groupe britannique de défense, expliquent implicitement, dans une tribune libre publiée sur le site du Monde, qu'une telle opération, extrêmement coûteuse et politiquement difficile dans un pays où l'Etat n'a pas pour habitude d'entrer au capital des industries, n'est pas nécesssaire.

En effet, rappellent-ils, "nous proposons de remplacer les accords avec les actionnaires, qui donnent actuellement à Daimler, Lagardère et l'Etat français un contrôle conjoint d'EADS", pour créer "une entreprise dont les structures de gouvernance (...) conféreraient les même droits à tous les actionnaires, quelle que soit leur taille".

Le projet de fusion révélé le 12 septembre prévoit de donner une "action spéciale" à la Grande-Bretagne, à l'Allemagne et à la France, qui leur permettrait à chacun de s'opposer à ce que quiconque acquière plus de 15% du capital.

"Nous travaillons sans relâche avec nos gouvernements respectifs pour assurer la réussite de cette opération", écrivent les deux dirigeants.

"Comme nous l'avons initialement annoncé, nous sommes concentrés sur l'adoption des dispositions qui protègent les intérêts stratégiques et nationaux des Etats avec lesquels nous travaillons comme particulièrement la France, l'Allemagne, le Royaume Uni et les Etats-Unis, étant donné l'importance de ces marchés pour le nouveau groupe réuni".

Les intérêts des trois Etats européens seraient préservés par l'action spéciale et des engagements écrits sur le maintien de l'emploi. Ceux des Etats-Unis le seraient par la protection des activités touchant à la sécurité nationale, déjà en vigueur quand BAE travaille pour le Pentagone ou la CIA.

D'après les medias allemands, Berlin préfèrerait acquérir 9% du capital de la nouvelle société, pour avoir une part égale à celle de la France.

L'hebdomadaire Der Spiegel affirme que Berlin et Paris se sont mis d'accord pour négocier avec le gouvernement britannique son aval à un tel schéma.

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