Hi tech – Publié le 16 mai à 12:14 – Mis à jour le 16 mai 2016 à 16:06

Amazon veut concurrencer YouTube en France

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Amazon veut concurrencer YouTube en France

Après avoir lancé une plateforme vidéo dans cinq pays, le géant américain du commerce en ligne Amazon a annoncé, lors d'un colloque à Cannes, qu'il la proposera également en France.

L'offensive d'Amazon se poursuit. Alors qu'il se distingue par une entrée fracassante sur la Croisette avec cinq longs métrages présentés pendant le Festival de Cannes, le groupe américain a annoncé ce dimanche que sa nouvelle plateforme vidéo, Amazon Video Direct (AVD), allait bientôt débarquer en France. YouTube, et par extension sa maison-mère Google, peuvent s'inquiéter du développement de ce concurrent aux dents longues.

C'est ce dimanche, lors d'un colloque à Cannes consacré au financement de la création, que le patron d'Amazon Studios, Jason Ropell, a fait cette annonce : "Nous allons nous installer en France avec une plateforme vidéo." 

Aucune date de démarrage n'a cependant été communiquée par le groupe américain.

Des vidéos pouvant être grassement rémunérées 

Lancée mardi 10 mai, AVD permet aux créateurs de vidéo de mettre eux-mêmes leurs films en ligne et de se faire rétribuer en publicité ou en achat à la demande. Le service est déjà proposé aux Etats-Unis, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Autriche et au Japon.

Concrètement, les créateurs utilisant AVD peuvent diffuser leurs films dans n'importe quel pays où le service de vidéo en ligne d'Amazon est opérationnel. Ils ont parallèlement le choix entre plusieurs modes de distribution. 

Une possibilité est l'inclusion gratuite dans le catalogue de Prime Video (le service de vidéo à la demande par abonnement d'Amazon, lancé en avril dernier). Les créateurs touchent alors 0,15 dollar par heure de visionnage de leurs films aux Etats-Unis, et 0,06 dollar à l'étranger. Un plafond annuel est fixé à 500.000 heures par titre, ce qui permet donc d'espérer un versement maximum de 75.000 dollars par an et par vidéo mise en ligne.

Les créateurs de vidéos peuvent également proposer leur production sous forme d'abonnement séparé, à la location ou à la vente à l'unité, moyennant 50% des recettes nettes. Autre option possible, offrir les vidéos en accès libre avec de la publicité, en échange de 55% des recettes nettes.

Amazon promet en plus de distribuer tous les mois un bonus d'un million de dollars entre les créateurs des 100 titres les plus populaires sur AVD, en fonction de l'intérêt suscité.  

"Cette initiative est importante stratégiquement car elle donne aux créateurs une nouvelle plateforme pour leurs contenus, et aux internautes une nouvelle destination pour les consommer, une alternative à YouTube", soulignent les analystes de la banque d'investissement Cantor Fitzgerald.

Amazon et YouTube réunis au colloque de Cannes

Le colloque cannois du 15 mai sur le financement de la création, où il a longtemps été question du rôle des plateformes, payantes et gratuites, comme partenaires de la diffusion culturelle, était présidé par Audrey Azoulay. En compagnie de cinéastes (Abderrahmane Sissako, Julie Bertucelli, Radu Mihaileanu), d'acteurs du numérique (Jason Ropell donc, mais aussi Sebastien Missoffe de YouTube) et de professionnels du cinéma (le directeur général d’Orange Studios David Kessler, notamment), la ministre de Culture a reconnu l'importance prise par ces nouveaux acteurs du numérique :

Mon rôle est de faire en sorte justement que la diffusion numérique soit créatrice de valeur pour les industries culturelles car c’est ainsi que nos auteurs et nos artistes pourront continuer à créer et innover. Il est de promouvoir la richesse et le foisonnement de la production artistique européenne, en permettant que ces nouvelles formes de créations puissent trouver les financements nécessaires à leur développement.

Egalement présent à ce colloque, le vice-président de la Commission européenne Andrus Ansip a tenu à rappeler que "les technologies numériques et Internet ont transformé la production, la réalisation et la distribution des films, ainsi que la manière dont ils sont regardés. Les cinéastes et tous les amateurs de films doivent pouvoir profiter des opportunités qui en découlent". 

Compte-rendu du colloque international sur le financement de la création from MinistereCC

Article rédigé par Raphaël Badache (avec AFP) - Crédits photo : AFP / Philippe Huguen