Hulot espère une "piqûre de rappel" environnementale

Nicolas Hulot Nicolas Hulot.[KENZO TRIBOUILLARD / AFP]

L'écologiste Nicolas Hulot a estimé mardi que la conférence environnementale, vendredi et samedi, doit servir de "piqûre de rappel" sur les enjeux liés à la préservation de la planète.

"C'est bref, que personne ne se fasse d'illusions, ce n'est pas là qu'on va définir la mutation écologique, mais on peut définir une vision et un échéancier", a-t-il estimé dans un entretien à l'AFP.

"J'attends qu'il y ait une vraie ambition et un rappel à l'ordre sur l'importance des enjeux environnementaux parce que dans notre société, et notamment chez certains acteurs politiques, c'est presque devenu un sujet de dérision", selon l'inspirateur du Grenelle de l'environnement en 2007.

L'ex-présentateur d'Ushuaïa espère "trois degrés de lecture" lors des cinq tables rondes (énergie, biodiversité, santé, fiscalité, gouvernance): "Ce qu'on peut décider immédiatement, qu'on ait une perspective sur ce qu'on peut faire unilatéralement en France dans les 5 ans qui viennent et enfin quelles sont nos exigences européennes et internationales dans les mois qui viennent".

Parmi ces décisions "immédiates" qui pourraient être adoptées : l'annonce de la création d'une "banque et d'un fonds dédiés à la transition énergétique". "Sinon on va achopper encore une fois sur les financements, et notamment pour la rénovation des logements anciens", estime Nicolas Hulot, qui doit participer à la table ronde consacrée à l'énergie.

La conférence, présentée comme le pendant environnemental de la conférence sociale, sera ouverte vendredi matin par le président François Hollande. Les tables rondes débuteront vendredi après-midi et dureront jusqu'à samedi midi. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault clôturera la conférence.

Selon Nicolas Hulot, il est "indispensable" que la conférence pose le principe d'un moratoire sur "l'exploitation des énergies fossiles non conventionnelles", au premier rang desquelles le gaz de schiste, eldorado énergétique pour les industriels mais désastre écologique selon les ONG.

Concernant le nucléaire, il souhaite que la réduction du nucléaire promise par François Hollande soit précisée mais plaide aussi pour un "audit économique sur la filière EPR" dont il n'est "pas sûr que ce soit, y compris sur un plan économique, une filière d'avenir".

Le candidat malheureux à la primaire écologiste de la présidentielle espère aussi un engagement visant à mettre fin à l'artificialisation des sols (par l'étalement urbain ou la construction de routes) "dans dix ans".

"En gros, l'équivalent d'un département français est artificialisé tous les 7 ou 8 ans, ce n'est pas tenable. Et ce n'est pas toujours justifié pour des raisons sociales ou économiques, ce sont parfois de vieilles logiques ou la folie des grandeurs de certains élus", selon l'écologiste.

De façon symbolique, le gouvernement pourrait ainsi, estime-t-il, revenir sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes. "C'est un entêtement qui n'a pas lieu d'être", affirme Hulot au sujet de ce projet défendu par Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes jusqu'en juin.

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