L'UE appelée à se prononcer sur le maïs OGM

Un champ de maïs [Philippe Huguen / AFP/Archives] Un champ de maïs [Philippe Huguen / AFP/Archives]

Les Etats de l'UE sont appelés jeudi à se prononcer sur une demande de commercialisation d'un maïs transgénique destiné à l'alimentation humaine et animale en pleine polémique sur les protocoles d'autorisation des OGM, a-t-on appris de source communautaire.

La demande d'autorisation formulée par le groupe Syngenta pour le MIR 162 vient en appel, car aucune majorité qualifiée ne s'est dégagée pour l'accepter ou la refuser lors du premier examen de la requête le 10 septembre.

La France s'est abstenue lors de ce vote. Il faut 245 voix pour constituer une majorité qualifiée et la France représente 29 suffrages.

La réunion du comité d'appel vise a tenter de sortir de cette impasse, car si aucune majorité ne se dégage jeudi, la Commission européenne sera contrainte de décider seule et elle n'aura d'autre choix que de se prononcer en faveur de l'autorisation, car l'avis de l'Autorité européenne pour la sécurité des aliments (EFSA) estime que le MIR 162 ne présente aucun risque pour la santé.

Le ministre français de l'Agriculture Stéphane Le Foll a demandé la révision des protocoles d'autorisation des produits OGM à l'échelle européenne.

Le gouvernement français a saisi la semaine dernière l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), après la publication de l'étude Séralini sur les conséquences d'une alimentation avec un maïs OGM sur la santé de rats. L'Anses, chargé de contrôler le protocole et les résultats de l'étude, rendra ses conclusions "avant la fin de l'année", selon M. Le Foll.

"On sait aujourd'hui qu'il y a des failles" dans ces protocoles, a expliqué M. Le Foll, évoquant notamment les durées trop courtes des études d'impact et de toxicité (90 jours), ou le fait qu'il n'y ait pas de comparaison risques/avantages, comme cela se fait pour les médicaments. Une situation en partie due aux poids des industriels du secteur, a reconnu le ministre: "Ils imposent une partie de la loi", a-t-il déclaré.

La demande d'autorisation du MIR 62 se fonde sur une étude d'impact et de toxicité menée sur 90 jours, a-t-on souligné de source communautaire.

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