Abdelkader Merah au coeur de l'enquête

Une semaine après la tuerie de l'école juive, qui a fait 4 morts dont trois enfants, à Toulouse, l'affaire Merah entre dans sa phase proprement juridique au lendemain de la mise en examen d'Abdelkader, frère aîné du "tueur au scooter", et personnage clef de l'enquête.[AFP]

Une semaine après la tuerie de l'école juive à Toulouse, quatre juges d'instruction entament leurs investigations pour tenter d'établir le degré d'implication d' Merah, frère aîné du tueur au scooter et personnage clef de l'enquête sur les sept meurtres, écroué dimanche.

Lundi, le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, l'enquête devra permettre de déterminer l'"exacte implication" d'Abdelkader Merah, qui réfute toutes les accusations. "Il y a des tas de zones d'ombre dans cette enquête, elle ne fait que commencer", a estimé M. Péchenard sur RTL.

Mohamed Merah, tué jeudi par les policiers du Raid qui son appartement toulousain depuis une trentaine d'heures, était seul quand il a, au nom du jihad et d'Al-Qaïda, froidement assassiné sept personnes à Toulouse et Montauban les 11, 15 et 19 mars.

Pour autant, les quatre juges antiterroristes nommés pour instruire cette affaire ont mis en examen Abdelkader Merah.

Sa mère et sa compagne étant ressorties libres de garde à vue, il est la seule personne détenue dans ce dossier, et ce à l'isolement à la maison d'arrêt de Fresnes (Val-de-Marne), selon une source syndicale.

Cet homme de 29 ans, connu des services de police pour son engagement de longue date en faveur d'un islam radical, est soupçonné de complicité d'assassinats pour les trois tueries et d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme.

Reste à déterminer la nature de cette complicité.

Abdelkader Merah est notamment poursuivi pour vol en réunion pour avoir participé avec son frère au vol le 6 mars à Toulouse du puissant scooter que Mohamed Merah a utilisé lors des tueries.

Il refuse d'être "le bouc émissaire"

De source proche de l'enquête, on indique qu'Abdelkader Merah a également fait, pour le compte de son frère, des achats d'"accessoires de motocycliste".

Par ailleurs, selon une source proche de l'enquête, Abdelkader Merah aurait longuement dîné avec son cadet le 18 mars, la veille de l'attaque de l'école juive.

On indiquait cependant samedi que l'examen du contenu des ordinateurs d'Abdelkader n'avait rien révélé de probant et la perquisition de son domicile n'a mis au jour ni arme, ni explosif, selon cette même source.

Dimanche soir, son avocate, Me Anne-Sophie Laguens, a précisé que son client réfutait tous les chefs d'accusation et qu'il refusait de devenir "le bouc émissaire des actes de son frère", des crimes qu'il a, selon elle, "fermement" condamnés. "Il ne faudrait pas déplacer le procès qu'on aurait aimé faire à Mohamed Merah sur lui parce que c'est le seul qu'on ait en ce moment", a-t-elle ajouté.

"Il n'est pas du tout fier des actes de son frère comme ça a été dit un peu partout dans la presse", a-t-elle assuré. "C'est des fuites qu'il y a eu au niveau de la police mais qui n'étaient pas vraies et qui ont été déformées."

Lundi, une source proche de l'enquête a réaffirmé à l'AFP que M. Merah s'était dit "très fier" des actes de son frère.

"Hors procès-verbal, il a dit +je suis très fier de ce qu'a fait mon frère+", a affirmé cette source. "Sur PV, il ne le dit pas."

Lundi, Nicolas Sarkozy, répondant aux critiques sur l'action de la police dans cette affaire, a affirmé sur France Info qu'après les tueries de Toulouse et Montauban, tous les services secrets, de renseignement et de police des démocraties étaient "sur les dents".

Quatre jours après la mort de Mohamed Merah, l'incertitude demeure sur le lieu d'inhumation de sa dépouille. Sa famille en France est partagée entre la France et l'Algérie, d'où est originaire le père du tueur, a déclaré à l'AFP Abdallah Zekri un responsable régional du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Le président de cette instance, Mohamed Moussaoui, a estimé que si elles avaient lieu en France, ces obsèques devraient être anonymes, "pour des raisons de sécurité.

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