Difficiles négociations sur les soins dentaires

Syndicats de dentistes, assurance maladie et complémentaires santé ont repris de difficiles négociations pour tenter de revaloriser les soins dentaires courants et plafonner le tarif des prothèses pour les faibles revenus.[AFP/Archives]

Syndicats de dentistes, assurance maladie et complémentaires santé ont repris de difficiles négociations pour tenter de revaloriser les soins dentaires courants et plafonner le tarif des prothèses pour les faibles revenus.

Cette réunion, présentée comme la dernière, pourrait cependant être suivie d'une autre, la plupart des négociateurs jugeant les délais trop courts avant la présidentielle pour parvenir à un accord, sous forme d'avenant à la convention des dentistes de 2006.

Les dentistes réclament depuis plusieurs années une augmentation de leurs soins conservateurs (détartrage, plombage, dévitalisation, etc) qui sont au tarif de la sécurité sociale - dit tarif opposable - et ont été peu revalorisés.

Pour couvrir leurs charges, les dentistes se rattrappent sur les prothèses et l'orthodontie, aux honoraires libres, et dont les tarifs ont fortement augmenté.

L'assurance maladie propose de plafonner ces tarifs pour les personnes bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé (ACS), aux faibles revenus, soit environ 3,5 millions de personnes, en échange d'une revalorisation des soins conservateurs.

Un effort est demandé à la fois aux complémentaires santé pour qu'elles prennent mieux en charge les soins et aux dentistes pour qu'ils baissent leurs tarifs.

"En moyenne, les complémentaires remboursent les prothèses entre 130% et 200% (calculé sur la base du remboursement de la sécurité sociale), il faudrait qu'elles portent ce taux à 400% pour permettre l'accès aux soins des plus démunis, ce qu'elles ne semblent pas prêtes à faire, même avec un effort de la profession", estime Roland L'Herron, président de la confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD, majoritaire).

"Nous sommes évidemment prêts à faire des efforts pour améliorer l'accès aux soins, mais uniquement dans une logique globale", affirme de son côté Etienne Caniard, président de la Mutualité française, qui regroupe la quasi-totalité des mutuelles soit 600.

Selon lui, "on assiste à un désengagement de l'assurance maladie de plus en plus marqué notamment sur les prothèses" (18% des dépenses à charge des régimes obligatoires, 41% pour les complémentaires).

Par ailleurs, "les dentistes ont un tiers de leur activité qui consiste à faire de la prothèse dentaire, ce qui représente deux-tiers de leurs revenus. Les deux-tiers restant sont des soins conservateurs et représentent un tiers de leurs revenus", explique Etienne Caniard.

"Le gros risque, c'est d'accentuer cette segmentation au profit des prothèses et au détriment des soins conservateurs et de la prévention", juge-t-il.

Or, "s'il n'y a pas d'engagements sur les prothèses, l'assurance maladie ne fera pas d'efforts sur les soins conservateurs, c'est du donnant-donnant", selon M. L'Herron.

"Les tarifs des soins conservateurs en France sont de moitié voire du tiers moins élevés que dans le reste de l'Europe", déplore Jean-François Chabenat, président de la FSDL (fédération des syndicats dentaires libéraux).

Un plombage coûte 40 euros en France contre 155 euros en Allemagne et 200 au Royaume-Uni, souligne M. L'Herron.

"Nous réclamons au moins 200 millions d'euros de revalorisation, en dessous, c'est rien du tout" ajoute-t-il.

Les syndicats souhaitent par ailleurs obtenir, comme les médecins, une augmentation de la consultation à 23 euros, contre 21 actuellement.

Cette ultime séance paraît donc compliquée, d'autant plus que l'un des syndicats, l'UJCD (Union des jeunes chirurgiens dentistes), a claqué la porte des négociations à l'issue d'une précédente réunion, jugeant les propositions insuffisantes et dénonçant une "énième tentative de replâtrage qui ne satisfait personne".

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