Les surveillants de prison manifestent

Des surveillants ont bloqué mercredi matin l'accès aux centres pénitentiaires de Meaux, Fresnes et Strasbourg, au début d'une mobilisation nationale à l'appel de deux syndicats, pour réclamer des recrutements massifs alors que le nombre de détenus n'a jamais été aussi élevé.[AFP/Archives]

Des surveillants ont bloqué mercredi matin l'accès aux centres pénitentiaires de Meaux, Fresnes et Strasbourg, au début d'une mobilisation nationale à l'appel de deux syndicats, pour réclamer des recrutements massifs alors que le nombre de détenus n'a jamais été aussi élevé.

"Depuis 06H00, une cinquantaine de personnes bloquent l'accès au centre pénitentiaire de Meaux Chauconin (Seine-et-Marne). Nous avons fait brûler des pneus, des palettes. Nous sommes décidés à ne pas bouger", a affirmé à l'AFP un délégué de FO pénitentiaire.

Puis, peu avant 8H00, le délégué CGT Christopher Dorangeville a expliqué à l'AFP que "la police venait de déloger sans violence les manifestants". "Mais nous avons reformé notre barricade".

Selon la police, une trentaine de personnes bloquaient l'accès au centre pénitentiaire de Meaux, sans incidents particuliers.

A Fresnes (Val-de-Marne), après avoir été délogés de l'entrée principale de la maison d'arrêt, une cinquantaine de surveillants ont bloqué vers 7H00 les entrées et sorties du quartier femmes de la prison, selon une source syndicale.

"Vu qu'on a été virés comme des malpropres par les gendarmes qui ont agi sans sommation, on va pas bouger comme ça", assurait cette source.

A Strasbourg, quelque 70 agents ont bloqué à partir de 06h00 les accès à la maison d'arrêt, selon David Daems, délégué FO. Ils ont enflammé six barricades pour empêcher "toute entrée et toute sortie", selon ce syndicaliste.

Des policiers et gendarmes mobiles ont ensuite contraint les manifestants à se déplacer de quelques mètres et à se rassembler sur un parking, libérant ainsi l'accès à la prison.

FO et la CGT, qui prévoient des actions mercredi et jeudi dans de nombreux établissements de France, dénoncent avant tout une situation de sous-effectifs chronique dans tous les établissements.

"Plus de 550 postes sont vacants à ce jour", a déclaré à l'AFP Christophe Marquès, secrétaire général de FO pénitentiaire, qui a initié ces protestations afin d'"attirer l'attention des candidats à la présidentielle".

"Plus de 66.000 détenus, ça n'est jamais arrivé. Toutes les maisons d'arrêt sont surpeuplées", a-t-il insisté.

"Les conditions de travail se dégradent à nouveau du fait de la surpopulation carcérale", a également constaté Céline Verzeletti, secrétaire générale de la CGT pénitentiaire, qui exige des "recrutements massifs de personnels" et de "vrais engagements sur de futures revalorisations statutaires et indemnitaires".

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