Ayrault s'immerge deux jours à Marseille

Jean-Marc Ayrault débarque lundi à Marseille pour s'immerger dans cette ville frappée par les règlements de comptes et les inégalités sociales, un séjour de deux journées ponctuées de visites et rencontres avec les acteurs locaux. [AFP] Jean-Marc Ayrault débarque lundi à Marseille pour s'immerger dans cette ville frappée par les règlements de comptes et les inégalités sociales, un séjour de deux journées ponctuées de visites et rencontres avec les acteurs locaux. [AFP]

Jean-Marc Ayrault débarque lundi à Marseille pour s'immerger dans cette ville frappée par les règlements de comptes et les inégalités sociales, un séjour de deux journées ponctuées de visites et rencontres avec les acteurs locaux.

Installé en préfecture, le Premier ministre doit démarrer à 9H30 par un entretien avec le maire UMP Jean-Claude Gaudin, qui s'est récemment opposé au ministre de l'Intérieur Manuel Valls sur les zones de sécurité prioritaires.

Il enchaînera avec le président PS de la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), Eugène Caselli, puis avec Jean-Noël Guérini, patron socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône. Cet entretien revêt un caractère particulier puisque M. Guérini, mis en examen dans une affaire de marchés publics présumés frauduleux, est depuis des mois persona non grata parmi les socialistes, qui se sont longtemps opposés à son sujet.

Après une déclaration à la presse suivie d'un déjeuner, changement de registre: Jean-Marc Ayraylt prendra dans l'après-midi la direction d'Aix-en-Provence pour inaugurer le mémorial du camp des Milles, le seul camp français d'internement et de déportation encore intact.

En fin de journée, il retournera en préfecture, où il recevra les parlementaires et dînera avec les acteurs de la société civile.

Les récents règlements de compte qui ont ensanglanté la cité phocéenne ont amené le gouvernement, critiqué pour son attentisme sur d'autres sujets, à prendre ce problème à bras le corps et à lutter contre "l'inertie", selon les termes du Premier ministre, qui paralyserait le développement de la ville.

Villes voisines inquiètes

Jeudi dernier, entouré d'une quinzaine de ministres, M. Ayrault avait dévoilé un plan global d'action pour l'agglomération marseillaise combinant mesures d'urgence, comme l'envoi de 205 policiers et gendarmes supplémentaires, et actions à plus long terme, telles que l'évolution administrative de Marseille vers une métropole.

M. Ayrault, qui prône sur tous les sujets la concertation et fait de Marseille une "question d'intérêt national", a dans la foulée de ce plan décidé de s'immerger à Marseille pendant deux jours -- une durée rare pour un déplacement gouvernemental en métropole. Mardi matin, le Premier ministre s'entretiendra avec les présidents des six structures intercommunales qui forment actuellement l'agglomération marseillaise, où vivent 1,8 million de personnes, et qui seront sans doute amenées à terme à fusionner.

Cette métropole doit permettre en particulier de régler la question des transports publics, peu efficaces, et d'accélérer le développement économique du site.

M. Ayrault devra sur ce point faire preuve de pédagogie: la métropole que le gouvernement veut mettre en place fait en effet figure d'épouvantail pour les intercommunalités voisines.

"On nous enlève déjà une partie de notre richesse pour Marseille", a ainsi protesté la présidente (UMP) de la communauté du Pays d'Aix, Maryse Joissains. "On nous dit +Marseille a des problèmes, on va donc les étendre à tout le territoire+. Mais c'est du délire ! Nous, on gère bien. On n'a pas besoin que des gens viennent prendre nos ressources".

Mardi, après une rencontre avec les partenaires sociaux, M. Ayrault achèvera son déplacement par la visite d'une "école de la deuxième chance".

Vous aimerez aussi

Les pensions de réversion, qui concernent surtout les veuves, verront leurs règles "harmonisées" dans le cadre de la réforme des retraites [GERARD JULIEN / AFP/Archives]
Politique La réforme des pensions de réversion, «bouée de secours» de nombreuses veuves, inquiète
Education Vers une réduction du nombre de jours des vacances scolaires ?
L'herbicide contesté glyphosate devrait être supprimé en France d'ici trois ans dans 80 à 90% de ses utilisations [Robyn Beck / AFP/Archives]
Écologie Le glyphosate devrait être supprimé d'ici à trois ans «dans 80 à 90%» des cas

Ailleurs sur le web

Derniers articles