Bruno Cholet reste insensible

L'accusé a écouté sans ciller lundi les médecins légistes décrire les blessures de Susanna Zetterberg, jeune Suédoise tuée en 2008 à Paris, tandis que l'avocat de la famille de la victime leur demandait si elle s'était "rendu compte de son calvaire". [AFP] L'accusé a écouté sans ciller lundi les médecins légistes décrire les blessures de Susanna Zetterberg, jeune Suédoise tuée en 2008 à Paris, tandis que l'avocat de la famille de la victime leur demandait si elle s'était "rendu compte de son calvaire". [AFP]

L'accusé a écouté sans ciller lundi les médecins légistes décrire les blessures de Susanna Zetterberg, jeune Suédoise tuée en 2008 à Paris, tandis que l'avocat de la famille de la victime leur demandait si elle s'était "rendu compte de son calvaire".

Bruno Cholet, 55 ans, ancien chauffeur de taxi clandestin et délinquant multirécidiviste, déjà condamné deux fois pour des viols, nie avoir tué la jeune fille de 19 ans, qui avait disparu après avoir quitté une boîte de nuit parisienne, au petit matin du 19 avril 2008.

Depuis son arrestation, il se dit victime d'un complot policier, accusant les enquêteurs d'avoir fabriqué des preuves contre lui.

Selon sa version, catégoriquement démentie au procès par la brigade criminelle qui avait mené l'enquête, les policiers auraient en particulier placé dans sa voiture un pistolet identifié comme étant l'arme du crime, qui portait des traces de son ADN et de celui de la victime.

Durant l'enquête, Bruno Cholet avait supposé que les enquêteurs avaient prélevé de la matière biologique sur son slip et l'avait déposée sur l'arme.

"Est-il possible de transférer l'ADN de quelqu'un sur un support?", autrement dit, "est-ce que je peux me débrouiller pour déposer l'ADN d'un individu sur un objet compromettant?", a demandé la présidente de la cour d'assises, Xavière Siméoni, à Sandrine Valade, expert en empreintes génétiques.

"Oui, on peut imaginer récupérer des cellules de cette personne (du sang, de la salive, du sperme...) et les déposer sur un support", a répondu la scientifique, qui n'avait pas elle-même procédé à l'analyse du pistolet.

Un autre expert en génétique devait intervenir lundi après-midi devant la cour, qui devrait l'interroger plus longuement sur ce point.

"Honte d'avoir un frère comme lui"

En attendant, plusieurs médecins légistes ont été entendus.

Susanna Zetterberg avait été retrouvée morte en bordure d'un chemin de la forêt de Chantilly, dans l'Oise.

Son corps, en partie brûlé après avoir été aspergé d'essence, portait notamment une blessure au thorax. La victime, qui avait les mains menottées dans le dos, avait aussi reçu quatre balles dans la tête, dont trois tirées à bout touchant au niveau de la tempe, a expliqué le Dr José Schwarz.

Les légistes sont partagés sur l'origine de la blessure à la poitrine, n'ayant pu établir avec certitude si elle avait été provoquée par une arme blanche de type poinçon ou par une arme à feu.

Cette blessure, antérieure aux tirs dans la tête, n'était pas immédiatement mortelle, mais elle a certainement entraîné "une altération profonde et assez rapide de la conscience", a considéré un médecin, en réponse à une question de Me Jean-Yves Le Borgne, conseil de la partie civile.

"La famille se demande combien de temps la victime a survécu pour se rendre compte de son calvaire", a expliqué l'avocat, alors que la mère de Susanna Zetterberg assistait aux dépositions des experts.

La présidente a par ailleurs lu quelques dépositions de personnes citées comme témoins mais qui ne viendront pas au procès, entre autres pour des raisons médicales. Parmi elles, la demi-soeur de l'accusé avait dit aux enquêteurs sa "honte d'avoir un frère comme" Bruno Cholet.

L'accusé a de son côté répété qu'il n'avait jamais pris de client dans son véhicule à la sortie de la boîte de nuit d'où était partie la victime.

Le procès, entamé le 4 septembre, est prévu jusqu'à vendredi.

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