Les salariés de Sanofi manifestent

Des salariés de Sanofi manifestent à Toulouse, le 20 septembre 2012 [Pascal Pavani / AFP] Des salariés de Sanofi manifestent à Toulouse, le 20 septembre 2012 [Pascal Pavani / AFP]

Trois cents salariés de Sanofi ont manifesté jeudi à Toulouse et appelé les pouvoirs publics à la rescousse pour empêcher le groupe de se désengager de la ville et de Montpellier à seule fin d'augmenter selon eux les dividendes des actionnaires.

Le personnel a aussi répondu, dans sa très grande majorité selon les syndicats, à un appel à la grève d'une journée, le deuxième depuis début juillet, quand ont été rendues publiques les menaces pesant sur les deux sites du géant pharmaceutique. Environ 650 emplois sont en jeu à Toulouse, 200 à Montpellier.

"On attend beaucoup du gouvernement, qu'il ne nous déçoive pas", a dit Laurent Millet, du syndicat Sud. Selon Laurent Besson-Imbert, autre adhérent à Sud, l'Etat dispose de nombreux moyens de pression sur Sanofi, comme la délivrance des autorisations de mise sur le marché des médicaments.

Les représentants du personnel ont été reçus par le président de la région Midi-Pyrénées, Martin Malvy, et par le maire de Toulouse, Pierre Cohen. Aux deux responsables socialistes, ils ont remis l'analyse d'un cabinet d'expertise les renforçant selon eux dans leur combat: "Ce sont les économistes qui le disent, ce ne sont plus seulement les salariés: les motivations de notre direction sont exclusivement financières", a dit Dominique Junyent, de la CFDT.

Les salariés de Toulouse sont mobilisés depuis le 5 juillet et l'annonce par la direction d'une réflexion sur la réorganisation de Sanofi, notamment dans la recherche. Il ne fait aucun doute pour le personnel que Sanofi a l'intention de se désengager de Toulouse, site entièrement dédié à la recherche, et de Montpellier, où elle représente 200 emplois sur 1.200, pour concentrer cette activité à Paris et à Lyon.

Le maire de Toulouse a partagé l'émoi des salariés, jugeant que Sanofi était un groupe très profitable.

"Il y a vraiment tout pour considérer réellement qu'ils se comportent comme des patrons voyous", a-t-il dit à la presse. Il a suggéré en guise de leçon qu'une future loi contre les licenciements abusifs porte le nom de Sanofi.

Mais il avoué être "très pessimiste" sur l'issue du conflit.

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