Pour la communauté taurine, la corrida est désormais "gravée dans le marbre"

Les matadors espagnols, Paco Ojeda et El Cordobes , et Simon Casas, directeur des arènes de Nimes, le 17 mai 2002 à Nîmes [Boris Horvat / AFP/Archives] Les matadors espagnols, Paco Ojeda et El Cordobes , et Simon Casas, directeur des arènes de Nimes, le 17 mai 2002 à Nîmes [Boris Horvat / AFP/Archives]

La décision du Conseil constitutionnel maintenant la légalité des corridas dans certaines régions "grave dans le marbre" la corrida et préserve les cultures minoritaires, se sont félicités vendredi l'Union des villes taurines et l'Observatoire des cultures taurines.

Luc Jalabert, le directeur des arènes d'Arles, a salué la "sagesse" du Conseil constitutionnel, qui a jugé la corrida conforme à la Constitution. "Les Sages ont été sages", a-t-il déclaré à l'AFP. "Cette décision reconnaît l'identité des régions, une culture taurine qu'il faut nous laisser. Regardez ce qu'elle a apporté à l'art ! A la peinture !".

Le directeur des arènes de Nîmes, Simon Casas, s'est lui aussi réjoui de la décision du Conseil constitutionnel. "La corrida c'est un art", a-t-il déclaré, faisant référence à l'écrivain américain Ernest Hemingway ou au prix Nobel de littérature 2010 Mario Vargas Llosa, habitué des arènes de Nîmes. "Tous ces gens-là ne sont pas des imbéciles", a ajouté M. Casas.

"La corrida est légitimée au niveau constitutionnel, elle est gravée dans le marbre constitutionnel", a déclaré Me Guillaume François, avocat de l'Union des villes taurines de France (UVTF), joint par téléphone. "Le Conseil constitutionnel vient de dire qu'elle a le droit de vivre, comme toutes les cultures minoritaires qui font la diversité du territoire français".

L'avocat a assuré que les opposants à la corrida avaient épuisé leurs recours en France, la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée pour déclarer la tauromachie non conforme à la Constitution ne pouvant être invoquée qu'une seule fois.

"Déjà autorisée par la loi, déjà inscrite au Patrimoine immatériel culturel français et déjà confortée par la jurisprudence définitive de la Cour de cassation, la tradition taurine est donc désormais également conforme à la Constitution, ce qui la rend incontestable du point de vue du droit", ont aussi réagi dans un communiqué commun l'UVTF et l'Observatoire national des cultures taurines (ONCT), estimant qu'il s'agit d'une décision "historique".

"Le Conseil constitutionnel garantit les libertés culturelles et valide l'exception culturelle. Cela veut dire que la liberté culturelle est autorisée en France", a pour sa part déclaré à l'AFP André Viard, président de l'ONCT. "Au-delà de la corrida ce sont toutes les cultures minoritaires qui peuvent reprendre espoir", a-t-il encore déclaré. "Derrière (la tauromachie) il y a aussi la richesse de beaucoup de villes et de village de ferias", qui est maintenue, a-t-il encore estimé.

"Ce sont des gens qui vivent et agissent en fonction de cette exception culturelle. C'est souvent 30 ou 40% du budget annuel d'une ville ou d'un village", a-t-il assuré en évoquant les recettes liées aux festivités qui entourent la saison taurine, qu'il s'agissse de bénéfices directs, tirés des corridas, ou indirects sur le commerce, l'hôtellerie et la restauration locales.

Le Conseil constitutionnel a aussi "mis à l'index", "le fanatisme de certains groupuscules qui font passer depuis un certain nombre d'années les aficionados pour des tortionnaires, y compris des nazis", a-t-il encore estimé.

"Je les mets en garde, la communauté taurine se défendra devant les tribunaux à chaque fois qu'ils lui manqueront de respect, par des insultes, des injures, ou des actes de vandalisme", a-t-il ajouté.

"Cette décision fondamentale qu'aucun pays taurin n'avait encore prise, permettra à l'Observatoire de protéger les aficionados de la radicalisation croissante des groupuscules animalistes", a-t-il aussi dit dans un communiqué.

Le Conseil constitutionnel a rejeté vendredi un recours d'associations opposées à la tauromachie qui estimaient que les sanctions infligées pour cruauté envers les animaux devaient s'appliquer partout et que les régions à tradition tauromachique ne méritaient pas de "différences de traitement", comme prévu dans l'article 7 du code pénal.

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