Caricatures : un dispositif policier musclé à Paris

Charb, le directeur de Charlie Hebdo, le 19 septembre 2012 à Paris [Fred Dufour / AFP] Charb, le directeur de Charlie Hebdo, le 19 septembre 2012 à Paris [Fred Dufour / AFP]

Un important dispositif policier était déployé samedi dans plusieurs quartiers de Paris, où la situation restait calme dans l'après-midi, alors qu'un homme a été interpellé à La Rochelle pour avoir appelé à décapiter le directeur de Charlie Hebdo après la publication de caricatures de Mahomet.

Ce suspect d'une quarantaine d'années a été arrêté pour avoir écrit sur un site jihadiste: "Qui m'apporte cette tête, c'est le vase qui déborde", selon une source judiciaire. Placé en garde à vue, il aurait appelé aussi à surveiller le directeur de l'hebdomadaire satirique de gauche, sans préciser son nom.

La publication mercredi par Charlie Hebdo de dessins sur la controverse créée par un film amateur islamophobe, dont deux représentent Mahomet nu, a provoqué une série de manifestations à l'étranger et en France.

"Beaucoup d'appels" à manifester samedi avaient été relayés via les réseaux sociaux et par SMS, malgré les "instructions très fermes" du ministre de l'Intérieur Manuel Valls pour interdire toute manifestation de musulmans ulcérés d'abord par ce film puis par les caricatures.

Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, s'est félicité de la "maturité" dont a fait preuve la communauté musulmane qui, a-t-il relevé auprès de l'AFP en milieu d'après-midi, a répondu par "un silence méprisant face à ceux qui ont voulu la provoquer".

Deux lieux de rassemblement avaient fait l'objet de demandes refusées par la préfecture: les alentours de la Grande mosquée et la place du Trocadéro.

Des CRS au milieu des promeneurs

A la mi-journée, alors que les fidèles quittaient dans le calme la Grande mosquée après la prière, une quinzaine de fourgons de CRS ainsi que des voitures banalisées étaient stationnés alentour, a constaté un journaliste de l'AFP. Plusieurs policiers en civil patrouillaient, talkie-walkie à la main.

Au Trocadéro, des journalistes de l'AFP ont compté une trentaine de cars de gendarmes mobiles et de policiers, revêtus de tenues anti-émeutes, protège-tibias, coudières et bâtons. Certains faisaient le guet, d'autres patrouillaient sur l'esplanade.

Le dispositif policier était très marqué aussi place de la Concorde. Selon des journalistes de l'AFP, une vingtaine de fourgons de CRS et de gendarmes en tenue ont investi le quartier.

Entre le Trocadéro et la Concorde, 21 personnes, dont plusieurs femmes voilées qui refusaient de présenter leurs papiers, ont été interpellées, selon une source policière. L'une de ces femmes voilées a crié "J'emmerde la laïcité", avant d'être emmenée par des policiers en civil sous le regard des touristes, promeneurs et journalistes.

Deux stations de métro autour de la Concorde ont été fermées "pour raisons de sécurité" et "à la demande de la préfecture de police", annonce aux voyageurs un haut parleur. Des barrières de sécurité empêchent aussi toute circulation entre la place et la contre-allée des Champs-Elysées.

C'est à cet endroit, devant l'ambassade américaine, que s'était déroulée samedi 15 septembre une manifestation spontanée contre le film islamophobe, au cours de laquelle environ 150 participants avaient été interpellés.

Un jeune cheminot de 24 ans, seul manifestant présenté à la justice pour l'instant, a été condamné samedi à trois mois de prison ferme pour avoir participé à cette manifestation illégale et pour port d'arme.

A Marseille, une soixantaine de CRS, appuyés par un hélicoptère de la gendarmerie, a fait face à un seul manifestant scandalisé par les caricatures, a constaté l'AFP.

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