La SNCF veut baisser ses prix en réduisant ses coûts

Le président de la SNCF Guillaume Pepy s'apprête à prendre un train le 30 mai 2011 à Paris [Fred Dufour / AFP/Archives] Le président de la SNCF Guillaume Pepy s'apprête à prendre un train le 30 mai 2011 à Paris [Fred Dufour / AFP/Archives]

Dans un contexte de crise, la SNCF affiche l'ambition de baisser ses tarifs à l'horizon 2020 en diminuant ses coûts, notamment énergétiques, en renouvelant sa gamme de réductions et en élargissant, parallèlement au rail, son offre routière.

"On doit aujourd'hui produire le service public moins cher. Nous devons être capables de baisser nos prix et pour baisser nos prix, il faut baisser nos coûts", a souligné le président de la SNCF Guillaume Pepy en clôturant un séminaire de presse organisé en fin de semaine à Berlin.

"C'est un chantier essentiel dans les années de crise qui sont devant nous", a-t-il résumé.

Depuis dix ans, les dépenses de consommation des ménages en transports ont progressé de 31%, et de 60% pour les services de transports collectifs, souligne l'entreprise publique.

"Cette forte demande de mobilité survient à un moment où les pouvoirs publics ont moins d'argent pour financer les politiques de et où les individus ont un budget de plus en plus contraint", analyse Sophie Boissard, directrice générale déléguée de la SNCF.

Pour la dirigeante, la SNCF doit donc "produire de la mobilité à un meilleur prix sous peine d'avoir à réduire son offre". Pour y parvenir, elle prévoit de refondre sa gamme d'offres avec notamment le lancement de produits Eco.

Ce travail a déjà commencé avec la branche SNCF Voyages et le programme grande vitesse Eco qui donnera accès, chaque année, à un million de places à moins de 25 euros sur TGV. "Nous l'avions fait avec le Corail, nous allons le faire sur le TGV et nous le ferons sur les TER si les régions le souhaitent", a annoncé Guillaume Pepy.

La SNCF va aussi engager une réflexion sur la bonne combinaison, "le bon mix", entre les différents modes de transports: trains, bus ou transport à la demande, a expliqué Mme Boissard.

Pas d'impact sur l'emploi

Le groupe a lancé cet été des lignes d'autocars low cost iDBUS vers Londres et le nord de l'Europe, via son hub situé à Lille (un second hub doit être mis en service à Lyon en novembre).

Une première étape qui pourrait le conduire à transférer vers la route des liaisons ferroviaires nationales ou régionales peu rentables.

La politique de réduction des coûts ne devrait pas affecter l'emploi. Le groupe SNCF (250.000 salariés) a prévu d'embaucher en 2012 10.000 personnes, dont plus de la moitié (5.300) pour l'établissement public (Epic), l'entreprise historique SNCF (156.000 cheminots).

Quelque seront aussi recrutés, dans le cadre des emplois d'avenir mis en place par le gouvernement.

"Les effectifs sont désormais stables", a assuré le directeur des ressources humaines François Nogué, ajoutant que "dans l'avenir, le levier de productivité ne passera pas par des suppressions de postes".

Le groupe, qui veut porter son chiffre d'affaires de 34 à 40 milliards d'euros en 2017, entend tirer ses économies du déménagement en 2013 du siège de Paris-Montparnasse vers Saint-Denis, censé épargner 10 millions d'euros de loyer par an, ainsi que d'une politique d'"optimisation des achats".

La SNCF prévoit aussi d'être moins gourmande en énergie, alors qu'elle anticipe une hausse de 7% par an du prix de l'électricité, et veut "doubler la part des énergies renouvelables (...) de 12 à 24%" dans sa consommation énergétique, largement dominée actuellement par le nucléaire (65%).

Guillaume Pepy a aussi réaffirmé les priorités du groupe depuis cinq ans: le réseau existant et la remise à niveau des trains de la vie quotidienne, "qui répond à la question que 100% des clients nous posent: +pourquoi tout n'est pas comme le TGV?+".

"Nous sommes des militants du réseau existant par rapport à l'extension des nouvelles lignes, que cela soit en Ile-de-France ou à grande vitesse", a insisté M. Pepy.

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