Gaston Flosse jugé à Papeete dans une affaire de corruption

Gaston Flosse et son avocat Jean-Yves Le Borgnele 24 septembre 2012 à Papeete [Gregory Boissy / AFP] Gaston Flosse et son avocat Jean-Yves Le Borgnele 24 septembre 2012 à Papeete [Gregory Boissy / AFP]

Le procès du sénateur (DVD, ex-UMP) et ancien président de la Polynésie française Gaston Flosse, renvoyé devant le tribunal correctionnel dans une affaire de corruption, a débuté lundi à Papeete.

Gaston Flosse est soupçonné d’avoir perçu près d’1,2 millions d’euros en liquide, entre 1993 et 2005, pour favoriser les sociétés de l’homme d’affaires Hubert Haddad.

Ces deux prévenus sont défendus par des avocats locaux, mais aussi par des ténors du barreau parisien, anciens avocats de Jacques Chirac : Me Francis Szpiner pour Hubert Haddad, et Me Jean-Yves Le Borgne pour Gaston Flosse.

Me Le Borgne a déposé quatre questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) à l’ouverture du procès, comme il l’avait fait, avec succès, lors du procès Chirac. Si elles sont jugées recevables, ces QPC, qui portent notamment sur la prescription et sur la garde à vue, peuvent repousser le procès de plusieurs mois.

Le tribunal se prononcera mardi sur leur recevabilité.

Sur le fond de l’affaire, les avocats de Gaston Flosse et d’Hubert Haddad ont une défense proche. Les versements d’argents en liquide étant reconnus, ils tenteront de prouver qu’il s’agissait d’un financement politique légal.

« Le fait d’aider un parti politique n’est pas en soi un délit, et en plus ça ne l’était pas à l’époque : je rappelle que la Polynésie française a eu un régime de financement des partis politiques qui a été très tardif ; on a le droit d’avoir des amitiés et des convictions » a déclaré Maître Szpiner à l’AFP.

Hubert Haddad avait affirmé verser cet argent au parti de Gaston Flosse « pour faire rempart à l’indépendance ».

Gaston Flosse s’est étonné de la tenue de ce procès en pleine campagne électorale, les élections territoriales devant avoir lieu au premier semestre 2013. « Oscar Temaru, à son premier voyage à Paris, s’est précipité dans le bureau de Madame Taubira, la garde des sceaux, pour lui dire +activez, très très vite, pour que les affaires Flosse soient jugées avant les échéances électorales+, ça a quand même une signification » a-t-il déclaré à l’AFP.

« Je ne crois pas que les socialistes aillent dans le même sens que Nicolas Sarkozy et fassent de tous ces procès des procès politiques » a-t-il toutefois espéré.

Ami de Jacques Chirac et cofondateur du RPR, Gaston Flosse avait vu ses relations avec l’UMP se détériorer après l’élection de Nicolas Sarkozy, à qui il attribue en partie les poursuites judiciaires dont il est l’objet.

Gaston Flosse doit aussi être jugé en appel, le 17 octobre, dans une affaire d’emplois fictifs. Il avait été condamné en première instance à quatre ans de prison ferme et 83.800 Euros d’amende.

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