Pourquoi l'Europe inquiète le secteur automobile

Vue de l'entrée du Mondial de l'automobile le 18 septembre 2012 à Paris [Eric Piermont / AFP] Vue de l'entrée du Mondial de l'automobile le 18 septembre 2012 à Paris [Eric Piermont / AFP]

Le marché automobile européen va rester morose l'an prochain, ont averti jeudi à l'ouverture du automobile de Paris plusieurs constructeurs, certains réclamant plus de flexibilité et une baisse du coût du travail en France.

Le français Peugeot Citroën, numéro deux européen, table sur un marché européen "autour de zéro ou légèrement négatif" en 2013, après une baisse de 8% cette année, a fait savoir son président du directoire Philippe Varin lors d'une rencontre avec la presse.

La situation ne s'annonce guère meilleure à moyen terme, avec "un plateau en terme de marché sur les trois années et une année 2015 pas très différente de 2012", selon lui.

Cette analyse est partagée par le numéro un de Renault, Carlos Ghosn, qui parle d'un "marché (...) au mieux stable ou, plus probablement, légèrement en baisse", dans un entretien au Figaro. Le groupe a d'ailleurs revu en baisse ses prévisions de marché pour l'Europe à -8% en 2012, avec une situation encore plus sombre en France.

Le numéro 1 européen, l'allemand Volkswagen, est aussi pessimiste pour le marché européen et n'attend "aucune amélioration fondamentale rapide du marché en Europe", selon Christian Klingler, membre du directoire.

 

Des constructeurs dépendants du marché européen

Cette situation pèse au premier chef sur les constructeurs les plus dépendants de l'Europe que sont les français PSA, Renault et l'italien Fiat.

PSA, en difficultés financières, a déjà mis en place une série de mesures pour réduire ses coûts face à la baisse des ventes de voitures en France, en Espagne et en Italie, dont il dépend beaucoup.

Il veut notamment supprimer 8.000 postes en France et fermer l'usine d'Aulnay-sous-Bois, en région parisienne, mais aussi économiser plusieurs milliards d'euros, en espérant se redresser à partir de 2014.

Renault n'en est pas là mais n'est plus sûr de pouvoir dépasser son record de ventes cette année, comme il l'espérait encore il y a quelques mois.

La crise en Europe force les constructeurs à s'adapter. Pour M. Varin, les capacités de production doivent être réduites sur le Vieux continent et son groupe ne peut pas être le seul à agir en ce sens.

La presse a évoqué récemment des fermetures possibles de sites chez Fiat, mais aussi chez l'américain Ford, qui prévoit de perdre un milliard de dollars cette année sur le Vieux continent, ainsi que chez Opel, la filiale allemande de General Motors.

Opel a déjà mis plus de 11.000 salariés au chômage partiel en Allemagne depuis le mois dernier, soit la moitié de ses effectifs dans le pays.

"C'est une période difficile. Il est important d'avoir un plan pour sortir de la crise. Nous avons ce plan et je suis sûr que nous allons trouver une solution pour en sortir", a déclaré à l'AFP son directeur des ventes Alfred Rieck.

A l'inverse, BMW ne va pas avoir recours au chômage partiel, a affirmé son chef des ventes et du marketing Ian Robertson, grâce à "une demande supérieure à nos capacités pour certains produits".

 

La compétitivité en question

M. Varin a aussi plaidé pour une baisse du coût du travail, un de ses chevaux de bataille, soutenu par M. Ghosn selon qui "nous avons un problème de coût du travail et (...) besoin de flexibiliser le travail".

Le numéro un de PSA a aussi vanté le chômage partiel à l'allemande, le "Kurzarbeit", pour mieux passer le creux de la vague. "Quand un secteur est déclaré en crise en Allemagne, le +Kurzarbeit+ permet de tenir plus longtemps", a-t-il jugé.

Il aura peut-être l'occasion d'aborder la question jeudi soir avec le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, attendu sur le salon à 21H00.

Quelques constructeurs vont à contre-courant de la morosité ambiante, comme le japonais Toyota qui compte être rentable cette année en Europe et y augmenter ses ventes.

Toyota, qui va prochainement commercialiser de nouveaux modèles, est le leader des voitures hybrides.

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