Il y a un an "l'affaire Neyret" provoquait une onde de choc dans la police

Michel Neyret à son arrivée le 4 septembre 2012 au conseil de discipline de la police à Paris [Patrick Kovarik / AFP/Archives] Michel Neyret à son arrivée le 4 septembre 2012 au conseil de discipline de la police à Paris [Patrick Kovarik / AFP/Archives]

Le 29 septembre 2011 à l'aube, la "police des polices" cueillait à son domicile Michel Neyret, n° 2 de la PJ lyonnaise, provoquant une onde de choc dans la police et la justice: après huit mois de détention provisoire, l'ex-super flic, révoqué, attend la fin de l'instruction.

"Malgré sa face de type un peu blindé qui encaisse tout, sa révocation (le 7 septembre par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls) est mal passée", confie l'un de ses défenseurs, Me Yves Sauvayre.

"C'est assez infâmant. Il a interprété ça comme le signe qu'il avait toujours été un renégat, un ripoux", renchérit son confrère Gabriel Versini, qui envisage de saisir le tribunal administratif, pour faire valoir les "trente ans au service de la République" de cet ancien grand flic de 56 ans.

Soupçonné d'avoir fourni des renseignements à des personnes réputées proches du milieu lyonnais en échange de cadeaux, Michel Neyret a été mis en examen en octobre 2011, pour corruption, trafic d'influence, association de malfaiteurs ou encore trafic de stupéfiants.

Outre son épouse Nicole, quatre autres policiers, un douanier et deux corrupteurs présumés sont également poursuivis dans ce dossier à rebondissements.

Ainsi, jeudi, un magistrat de Cayenne, ayant officié à Lyon, était à son tour mis en examen, notamment pour accès frauduleux à un casier judiciaire. Soupçonné d'avoir révélé à Michel Neyret le contenu de deux casiers judiciaires, il a été placé sous contrôle judiciaire.

Le 23 mai, après huit mois de détention provisoire dans le quartier VIP de la prison de la Santé, l'ex-icône de la PJ était remise en liberté. La veille, la cour d'appel de Paris validait l'intégralité de l'enquête, rejetant les sept recours déposés.

Neyret, qui ne s'est jamais exprimé sur le fond du dossier, a été placé depuis sous strict contrôle judiciaire. Privé de permis de conduire et interdit de quitter la Meurthe-et-Moselle, il vit à Toul, où il pointe chaque jour à la gendarmerie.

"Il s'est aminci, il fait du tennis, est avide de lectures et se tient au courant de l'actualité", commente Me Versini, qui lui téléphone régulièrement. "Il rencontre pas mal d'amis", mais n'est pas autorisé à voir son épouse.

Des photos publiées dans la presse le montre égal à lui-même: en VTT, blouson de cuir et mèche au vent.

Un homme qui rebondit vite

"On attend de nouvelles convocations des magistrats instructeurs pour des auditions complémentaires et probablement des confrontations", ajoute celui qui mise sur un procès "pas avant 2014".

"+Va-t-il retourner en prison? c'est toute la question", lâche l'avocat, rappelant que Neyret concède "des imprudences, des relations d'amitié coupables" mais "n'est pas homme à échapper à sa responsabilité pénale". "Beaucoup de policiers lui gardent leur amitié et seront prêts à témoigner devant le tribunal correctionnel, comme certains l'ont fait devant le conseil de discipline pour dire ce que valait l'homme", dit-il.

Un soutien qui n'est "pas forcément bien ressenti en interne" parmi les commissaires, confie une source policière. Même si "certains continuent à le vénérer, car il a été un vrai chef charismatique, imprégné de son métier".

Un an après l'arrivée de Francis Choukroun, le nouveau N°1 de la PJ de Lyon, chargé de remettre de l'ordre après le cataclysme Neyret, "tout ce qui concerne les indics est encore plus codifié qu'avant, rigidifié et appliqué strictement", souligne cette source, concédant "qu'il y a un peu moins d'infos qu'avant".

Prochaine étape judiciaire: le 16 octobre devant le tribunal correctionnel de Lyon qui examinera trois plaintes de sa défense "pour atteinte à la présomption d'innocence" à l'encontre de VSD et Paris Match pour avoir publié des photos volées.

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