L'Education renoue avec les créations de postes

Une classe de primaire à Paris, le 4 septembre 2012 [Fred Dufour / AFP/Archives] Une classe de primaire à Paris, le 4 septembre 2012 [Fred Dufour / AFP/Archives]

Après des années de destructions de postes massives, l'Education, priorité présidentielle dans un budget contraint, renoue avec les créations de postes et la formation des enseignants, avec l'ambition d'en recruter 43.000 l'année prochaine.

Le budget 2013 marque une rupture avec la politique de la droite, qui avait programmé 80.000 suppressions de postes entre 2007 et 2012, suivant le principe de non renouvellement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Elle avait aussi quasiment supprimé la formation initiale des professeurs, envoyant les débutants devant des classes sans expérience d'enseignement.

Le président François Hollande a pour sa part promis de créer 60.000 postes dans l'enseignement pendant son quinquennat.

"On a choisi de donner la priorité au recrutement des professeurs, à leur formation et à la possibilité d'avoir de nouveau un vivier" d'enseignants, pour des raisons "de valorisation, de reconnaissance du métier", mais aussi parce que "nous savons que la réussite des élèves passe par la formation des professeurs", a expliqué le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon dans un à l'AFP.

Le ministre a annoncé 43.000 recrutements pour 2013: une moitié (22.100) pour remplacer les professeurs partant à la retraite en 2013 et une autre moitié (21.350) d'étudiants recrutés lors d'un concours exceptionnel en juin, qui occuperont d'abord un mi-temps tout en étant formés, puis remplaceront les enseignants partant à la retraite en 2014.

"dispositif provisoire"

La première vague de recrutements est déjà programmée dans le cadre du concours annuel des enseignants, au niveau 2ème année de master (M2). La seconde fera l'objet d'un concours "transitoire" en juin, au niveau 1ère année de master (M1).

"Ce dispositif est provisoire" et montre "qu'on est capable de répondre rapidement à des urgences", a précisé M. Peillon. Il faudra ensuite discuter avec les organisations syndicales, les fédérations de parents d'élèves, etc... "sur la pérennité ou pas de ce dispositif".

Se pose aussi la question de la nature du concours: si le métier doit changer, "il faut alors se mettre d'accord sur les changements" des épreuves, a-t-il souligné, citant par exemple la prise en compte de la didactique, la psychologie de l'enfant, savoir gérer des situations de conflit... par opposition à une épreuve purement disciplinaire.

A la rentrée 2013, les nouvelles Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (ESPE) seront chargées de former ces enseignants.

Pour certains observateurs, recruter plus de 40.000 enseignants relève de la "mission impossible", d'autant qu'aux derniers concours, avec moins de places, tous les postes n'ont pas été pourvus.

Le ministre réfute toute "crise des vocations", préférant parler d'une "crise des recrutements" après la manière dont le métier a été traité ces dernières années.

C'est "une erreur considérable" de penser qu'il sera difficile d'atteindre ces volumes de recrutement, estime-t-il.

"Globalement, on a des candidats et en nombre suffisant, pour le premier concours, qui est dans un vivier de M2", a-t-il précisé. "Quand on va faire notre concours de juin", ouvert aux étudiants de M1, "nous avons un vivier plus important, de 300.000", même s'"il restera toujours quelques disciplines déficitaires".

Le ministre définira ses orientations dans une loi présentée à l'automne, suite à la concertation sur la refondation de l'école qui s'achève. Il devra trancher sur des sujets comme la réforme des rythmes scolaires ou l'éducation prioritaire.

De son côté, le ministère de l'Agriculture participe à l'effort budgétaire, avec 280 emplois en moins, sauf pour sa mission d'enseignement, qui représente la moitié de ses effectifs, et gagne 230 emplois en 2013.

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