"L'équation impossible" d'Ayrault, selon la presse

Jean-Marc Ayrault à son arrivée le 27 septembre 2012 sur le plateau de France 2 à Paris [Bertrand Langlois / AFP] Jean-Marc Ayrault à son arrivée le 27 septembre 2012 sur le plateau de France 2 à Paris [Bertrand Langlois / AFP]

Annoncer un budget de rigueur tout en affichant l'ambition de relancer l'activité et enrayer les plans sociaux : la prestation télévisée de Jean-Marc Ayrault jeudi soir relevait de "l'équation impossible" estiment les éditorialistes vendredi.

Invité de l'émission "Des paroles et des actes" sur France 2, le Premier ministre a entonné "le refrain habituel des gouvernements socialistes sur la +juste répartition de l’effort+", analyse Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro, qui fustige "une vraie dégelée" fiscale dans le projet de loi de finances 2013 présenté vendredi en Conseil des ministres.

"On n'a pas souvenir qu'un choc fiscal violent ait jamais inauguré une période de croissance", renchérit Jean-Francis Pécresse dans Les Echos, qualifiant d'"argutie politique" l'idée que les hausses d'impôts soient "concentrées sur les riches" car "appauvrir les riches a rarement enrichi les pauvres. Au contraire".

"Une politique ne se construit pas avec une matraque fiscale à la main mais en corrigeant tout ce qui contribue à appauvrir la France donc les Français", assène Hervé Chabaud dans L'Union. L'éditorialiste rémois met en exergue une "équation impossible" pour le gouvernement : "Comment tenir ses engagements de réduction de la dette et agir pour relancer l’activité ?"

Moins virulent, Jacques Camus dans La République du Centre estime que le chef du gouvernement "n’a pas levé les hypothèques sur la question cruciale du réalisme du budget en préparation" et "n'a fait que ressasser les grandes options déjà connues".

"À cet homme, sans véritable charisme, revenait la terrible mission d’expliquer la nécessité de la rigueur", commente François Martin (Midi libre). Il s'est donc "évertué à démontrer pourquoi il fallait se serrer la ceinture".

"Jean-Marc Ayrault, pour son premier grand rendez-vous télévisuel est apparu conforme à son personnage: ferme, austère, annonciateur d’efforts plutôt que de rêves", juge Ivan Drapeau dans La Charente libre.

Mis au défi de "lever une montagne de doutes", le locataire de Matignon est surtout confronté à ce que Xavier Panon appelle dans La Montagne "la difficulté du Premier ministre" : "le temps politique est fatalement plus long que le temps de l’opinion qui veut voir des résultats rapides pour être sûre que ses efforts ne sont pas vains".

En d'autres termes, "aura-t-il la durée, la ténacité, pour redonner un cap à un peuple déboussolé ?" se demande Francis Laffon dans L'Alsace.

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