Une famille afghane en rétention

Le centre de rétention du Mesnil-Amelot, près de Paris, avec en arrière-plan un avion [Joel Saget / AFP/Archives] Le centre de rétention du Mesnil-Amelot, près de Paris, avec en arrière-plan un avion [Joel Saget / AFP/Archives]

Un couple afghan qui demande l'asile en France a été enfermé pendant deux nuits avec ses deux enfants au centre de rétention du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne), ont dénoncé dimanche plusieurs associations, rappelant que François Hollande s'était engagé à mettre fin à cette pratique.

La famille Khoja, qui a un enfant de trois ans et un nourrisson de deux mois et demi, avait été enfermée dans le centre vendredi soir. "Ils sont maintenant gardés dans un hôtel de Noisiel (Seine-et-Marne)", a précisé en milieu de matinée Yves Cottereau, vice-président de la Ligue des droits de l'Homme dans la Sarthe.

Selon Clémence Richard, coordinatrice de la Cimade, le médecin du centre avait jugé leur état de santé "incompatible avec la rétention".

La famille pourrait être renvoyée en Hongrie, leur point d'entrée présumé dans l'Union européenne, dès lundi matin, a ajouté Mme Richard.

Un recours a été déposé devant le tribunal administratif de Melun. "Le souci, c'est que ce recours n'est pas suspensif et il y a un vol prévu lundi matin très tôt donc ils risquent une expulsion sans aucune présentation devant un juge", a-t-elle regretté.

La famille était jusqu'ici assignée à résidence au Mans (Sarthe) et devait pointer régulièrement au commissariat de cette ville. Elle avait pris peur la semaine dernière quand elle a appris qu'elle serait renvoyée le lendemain vers la Hongrie, alors même qu'elle avait sollicité le préfet puis le ministère de l'Intérieur par écrit, pour que son cas soit examiné en France.

Ils ne s'étaient ensuite plus présentés aussi régulièrement, et ont été interpellés vendredi.

François Hollande avait promis pendant la campagne présidentielle de mettre fin à l'enfermement des enfants en centre de rétention, pratique pour laquelle la France avait été condamnée en janvier par la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH). Une circulaire en ce sens a été publiée le 6 juillet.

Le Réseau Education sans frontières (RESF) a ironisé, dans un communiqué: "Tout est normal dans cette affaire: le respect des engagements du président de la République, l'âge des enfants emprisonnés, le respect des préconisations médicales".

Le défenseur des droits Dominique Baudis avait été saisi par les associations.

Le père et le frère de M. Khoja ont été assassinés en Afghanistan, provoquant la fuite de la famille arrivée en France au bout de 10 mois de pérégrinations, selon M. Cottereau.

Il existe de "très grands risques pour eux s'ils retournent en Afghanistan via la Hongrie", a-t-il estimé, rappelant que ce pays a été critiqué par plusieurs ONG et épinglé en avril par le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU pour avoir l'habitude d'expulser les demandeurs d'asile renvoyés vers elle depuis d'autres pays européens sans même leur laisser le temps de déposer une nouvelle demande.

"Leur demande d'asile doit être traitée en France", a-t-il argumenté.

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