1 jeune sur 5 pense encore qu’on peut guérir du sida

Près d’un jeune sondé sur cinq pense qu’il est possible de guérir du Sida.[AFP / ARCHIVES]

A l’occasion de la journée de lutte contre le sida, ce 1er décembre, un sondage révèle que 19% des jeunes, soit un jeune sur cinq, pensent qu’il est possible d’en guérir.

Le laboratoire Terpan et VL Media, web radio à destination des jeunes, ont interrogé, pour ce sondage, 539 jeunes français de 15 à 29 ans, à travers toute la France.

«A l’heure actuelle, il est important de rappeler qu’il est impossible d’éradiquer complètement le VIH ou encore guérir du Sida, indique le laboratoire. Certes, les avancées en matière de traitement permettent dorénavant de contrôler la multiplication du virus à l’intérieur de l’organisme, mais la combinaison d’antirétroviraux est à prendre durant toute sa vie».

En France, plus de 150.000 personnes vivent avec le VIH. Le virus concerne tout le monde et toutes les générations : les hétérosexuels, les homosexuels, les hommes, les femmes. «La transmission du VIH peut se faire par le sperme, le sang, les sécrétions vaginales et même le lait maternel», rappelle Terpan. 33% ignorent cette dernière mention. Certaines idées reçues sont encore véhiculées, puisque 11% des sondés pensent que les moustiques peuvent transmettre le virus.

13% des jeunes ne se protègent «pas toujours» 

Au-delà du VIH, les Infections Sexuellement Transmissibles, IST (chlamydia, gonorrhée, syphilis, hépatites B et C…) sont en recrudescence chez les jeunes. «Le seul moyen efficace pour se protéger reste le préservatif», indique Terpan. Ce rappel essentiel fait écho à d’autres résultats inquiétants du sondage : 13% des jeunes français déclarent ne «pas toujours» se protéger lors de rapports avec de nouveaux partenaires.

«L’un des axes de la politique de santé publique est d’informer les jeunes sur la nécessité de se protéger bien entendu, mais aussi de se faire dépister. Où, quand, pourquoi…. Les raisons peuvent être multiples : tout simplement à cause d’un risque si la protection est inexistante ou déchirée, pour un projet de grossesse, quand on change de partenaire… Une fellation ou un cunnilingus peuvent également transmettre des IST. Dans tous les cas, l’important est de le faire pour se rassurer et/ou rassurer son ou sa partenaire», indique Annie-Laurence Godefroy, médecin généraliste.

Un dépistage des IST et du VIH peut se réaliser au sein d’un Centre dédié au dépistage anonyme et gratuit, un Centre de planification ou au sein d’un laboratoire. « En France, les tests du dépistage du VIH réalisés à partir d’une prise de sang sont totalement fiables au bout de 6 semaines », indique Terpan. Il existe également des «Auto Test» à réaliser chez soi existent depuis 2015, mais ils sont très peu connus des jeunes français (18%).

Le médecin, une oreille attentive

L’étude rappelle le rôle essentiel du médecin généraliste qui souscrit le test, permet d’avoir un conseil médical et reste une oreille attentive aux problématiques en matière sexuelle pour les jeunes. Le médecin ne réalise pas les tests de dépistage à son cabinet, contrairement à ce que pensent 24% des sondés. En France, entre 30 000 et 40 000 personnes infectées par le VIH ignorent leur séropositivité. «Dans le cas des IST, un dépistage précoce permet une prise en charge médicale rapide qui permettra une guérison pour la majorité des IST», indique Terpan.

D’autre part, bien que les relations virtuelles se développent, les jeunes sondés restent bien conscients de l’augmentation des risques encourus lors du passage à l’acte : ils sont 76% à se déclarer plus méfiants envers leurs partenaires, en passant par une application de rencontres.

«Nous pouvons imaginer que dans les années à venir, des messages de prévention pourraient être directement intégrés à ces applications, comme c’est le cas au Brésil par exemple. L’accent doit toujours rester l’information et la prévention des jeunes ainsi que les outils de protection», indique Terpan. 

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