Football : un Français sur trois reconnaît tenir des propos homophobes devant un match

Un Français amateur de foot sur trois reconnaît tenir des propos homophobes devant les matchs de football. [PATRIK STOLLARZ / AFP]

Arbitres, joueurs, supporters du camp adverse : les insultes homophobes sont légion chez les amateurs de football, selon une enquête d'Ipsos pour l'association Foot ensemble.

Cette étude, intitulée «les Français et l'homosexualité dans le football» et publiée jeudi 17 mai, révèle en effet qu’un Français amateur de foot sur trois reconnaît tenir des propos homophobes devant les matchs de football.

A la question «Quand on regarde/assiste à un match de football, certaines expressions sont souvent employées comme 'pédé', 'tarlouze' ou 'tapette'. Vous personnellement, vous arrive-t-il de dire l’une ou plusieurs de ces expressions ?», 34% des personnes interrogées ont répondu «oui», «systématiquement», «souvent» ou «rarement» détaille le sondage d'Ipsos, qui annonce «un Français sur quatre», en comptant ceux qui déclarent ne jamais regarder de match.

Les fans de foot ne voient pas le mal

Mais Ipsos explique que les amateurs de foot considèrent que «ces propos font partie du 'folklore' du football et sont sans connotation homophobe». Pour eux, les termes «pédé», «tarlouze» ou «tapette» sont «sans rapport avec l'homosexualité».

Le terme «enculé», entendu régulièrement dans la bouche des supporters en colère et dans les chants des stades, n’est toutefois pas mentionné dans l’étude. «Nous avons fait le choix de ne retenir que trois mots, parmi ceux qui peuvent choquer les personnes homosexuelles», a expliqué Doan Pham, directrice adjointe département Tendances et prospective de l'institut Ipsos, à franceinfo. «Mais même s'il n'est pas écrit, [le mot 'enculé'] est compris dans la liste des propos homophobes», ajoute-t-elle.

Dénonçant le laxisme de la Ligue de football professionnelle (LFP) devant les chants «grossiers et homophobes» des supporters dans les stades, le collectif Rouge Direct compte bien agir. Se décrivant comme un «lanceur d'alerte contre l'homophobie dans le sport», il a l’intention de poursuivre la LFP devant le tribunal administratif pour «défaillance» et a créé une cagnotte pour financer son action. 

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