Les anti-Macron dans la rue pour un rassemblement inédit

A Paris, des hospitaliers, retraités, chercheurs, salariés d'Air France ou d'Aéroports de Paris, cheminots ont défilé de la gare de l'Est à Bastille[ZAKARIA ABDELKAFI / AFP]

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé ce samedi à travers la France, répondant à l'appel d'une soixantaine d'organisations pour une «marée populaire» contre la politique d'Emmanuel Macron.

Avec 190 rassemblements, ce qui se voulait une «super fête à Macron», selon la formule de Jean-Luc Mélenchon, a rassemblé 93.315 manifestants à travers le pays, d'après le ministère de l'Intérieur, les organisateurs annonçant entre 250.000 (CGT) et 280.000 personnes (Attac).

A Paris, 31.700 personnes ont défilé, d'après les chiffres du cabinet Occurrence pour un collectif de médias, dont l'AFP, les organisateurs en comptant 80.000 et la préfecture de police 21.000. Un chiffre supérieur à celui de la manifestation qui s'était déroulée le 22 mai, à l'initiative de neuf syndicats de fonctionnaires (16.400 selon Occurrence) mais inférieur à la «fête à Macron» à l'appel du député Insoumis François Ruffin (38.900).

Se targant d'organiser un rassemblement «historique», le collectif de partis (LFI, PCF, EELV, Générations et NPA...), associations (Attac, Amis de la terre, Mouvement de la paix...), syndicats (CGT, Solidaires, Sud PTT ou Unef) a salué «une très large participation citoyenne» et promis de «continuer, plus déterminés que jamais».

A Paris, la police a annoncé trente-neuf interpellations, dont vingt-six gardes à vue. Des incidents ont brièvement éclaté entre certains individus cagoulés et la police à proximité de Bastille, à en croire un journaliste de l'AFP.

«Jupiter on va te faire redescendre sur Terre»

Dans la capitale, des hospitaliers, retraités, chercheurs, salariés d'Air France ou d'Aéroports de Paris, cheminots ont défilé de la gare de l'Est à Bastille. «Macron, méprisant de la République», brocardait une pancarte du PCF représentant Emmanuel Macron en monarque. «Mai 1968, Mai 2018 : 50 fois plus de raisons de se révolter», affichaient des autocollants de Lutte ouvrière.

«Jupiter, on va te faire redescendre sur terre», «Macron usurpateur des voix du peuple de gauche», ou encore «SNCF mon amour», pouvait-on lire sur des pancartes à Nantes. Très représentée dans le cortège, la CGT s'est mobilisée pour «une autre politique sociale car la politique pour les riches, ça suffit», selon Philippe Martinez, son secrétaire général. FO, la CFDT, l'Unsa avaient refusé de participer, comme le PS.

«Pas de sauveur suprême»

Face au gouvernement, «formez ce front populaire dont le peuple a besoin», a exhorté Jean-Luc Mélenchon sur le Vieux-Port à Marseille. «Ne comptez que sur vous, il n'y aura pas de sauveur suprême», a lancé le chef de file Insoumis et député des Bouches-du-Rhône. «Il faut que la tête dure de Monsieur Emmanuel Macron entende ce message du peuple populaire, comme on dit».

Dans la cité phocéenne, la police faisait état de 4.200 manifestants, la CGT de 65.000. Dans une ambiance bon enfant, entre 5.000 et 8.000 personnes, selon la police ou les organisateurs, ont défilé à Toulouse autour d'une pieuvre géante à l'effigie d'Emmanuel Macron, brandissant une étiquette de «fainéant», «cynique», «cheminot», «artiste», «précaire», «soignant» ou «retraité». Les cortèges ont rassemblé 1.900 à Grenoble, 2.500 à Montpellier, 1.500 à Strasbourg ou 1.200 à Lyon, selon la police. 

Le président français «se prend vraiment pour Jupiter», a lancé Jean-Charles, archéologue de 48 ans manifestant à Metz avec 550 autres, selon la police. «Sa politique favorise les gens les plus riches (...) Il a attaqué les retraités, maintenant c'est la fonction publique», selon ce cégétiste. A Nantes, des incidents ont éclaté lorsqu'une centaine de militants anticapitalistes vêtus de noir, est passé devant la préfecture, a constaté une journaliste de l'AFP.

«Ca ne nous arrête pas»

De nombreux manifestants arboraient un gant rouge, en soutien à l'étudiant de 21 ans qui a eu la main arrachée mardi à Notre-Dame-des-Landes en ramassant une grenade. Par avance, depuis la Russie, Emmanuel Macron avait averti vendredi que la marée humaine, «ça ne nous arrête pas». «J'écoute les gens en permanence» mais «ça ne veut pas dire être la girouette de l'opinion publique et donc j'assume de ne pas présider à la lumière des sondages ou des manifestations parce qu'on l'a trop fait», a ajouté le président, assurant que «ceux qui veulent manifester pour bloquer le pays» «ne le bloqueront pas». 

Le patron de LREM Christophe Castaner a fustigé ce samedi sur Twitter certaines attaques symboliques contre Emmanuel Macron.

«Pendaison de l'effigie du président de la République. Sa marionnette brûlée. Le président représenté en nazi avec brassard israélien. Jusqu'où iront l'indécence, la haine et la bêtise la plus crasse ? #MareePopulaire #manifestation».

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