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Assassinat de Kévin : l'ambivalent trio reste un mystère

«Je croyais les connaître mais je ne les connaissais pas» : comme cet ami proche de Kévin, 17 ans, tué au couteau samedi à Mourmelon (Marne), nombre de personnes ne s'expliquaient pas jeudi comment le trio amoureux qu'il formait avec les deux autres adolescents a pu déboucher sur un assassinat.

La quiétude du parc du bois des Soeurs, derrière l'église de Mourmelon, 5.000 habitants, tranche avec la mort brutale de Kévin, lardé de coups de couteau dans le dos samedi alors qu'il se promenait avec O., la jeune fille de 17 ans à présent mise en cause.

Au portail, un portrait en noir et blanc du jeune homme, dont on devine les yeux bleus très clairs et les cheveux noirs coupés courts, surplombe un parterre de fleurs et de messages à son intention.

Depuis samedi, l'enquête judiciaire a connu des développements dignes des séries policières qu'O. semble affectionner. Selon le parquet de Reims, la jeune fille a d'abord dressé le portrait-robot d'un jeune «basané» inconnu qui, disait-elle, avait eu une altercation avec Kévin.

Malgré le récit fourni du magistrat, les zones d'ombres sont légion. Kévin et O. auraient eu des «relations intimes» devenues complexes depuis l'automne dernier, faites de va-et-vient; Kévin aurait évincé le meurtrier de son groupe d'amis au collège...

Mais Emilie 17 ans, venue dans le parc jeudi, souligne qu'une amie qui fréquentait O. la qualifiait de «manipulatrice». «Je connais Kévin depuis la primaire, il était gentil, travailleur. Je les ai vus souvent venir dans ce parc», raconte-t-elle. «Elle aurait dit à A. que Kévin la harcelait, mais une vingtaine de coups de couteau pour une histoire bidon...», soupire-t-elle.

«C'est elle qui est revenue»

Un ami proche de Kévin, qui souhaite rester anonyme, lâche à propos du trio, à la sortie du lycée où il était scolarisé en terminale S, à Châlons-en-Champagne : «Je croyais les connaître, mais je ne les connaissais pas. Ca ne m'inspire que de la haine.»

Un autre ami et une copine ont relaté à RMC : «Kévin était très attaché à elle (O.). Mais ces derniers temps, il commençait à prendre conscience qu'il souffrait.(...) Il disait qu'il en avait marre qu'elle le mène en bateau. Du coup, il avait décidé d'arrêter (leur relation). C'est elle qui est revenue lui parler.»

Comme eux, de nombreux lycéens n'arrivent pas à croire ce qui est arrivé à Kévin, un adolescent unanimement décrit comme gentil, souriant, discret.

«C'était le bon pote, il n'était pas connu ou populaire, mais avait sa bande», témoigne Noor, 19 ans, en première. «Il était souriant, joyeux, positif», confie Hugo, dans la même classe que la victime.

Depuis cinq ans, il participait régulièrement, les dimanches après-midi, à des sessions de jeux de rôle, au centre culturel de Mourmelon, avec l'association «Le Retour de l'empereur». D'après son président, Tony Marchand : «C'était un bon gars, avec lequel on rigolait souvent, qui aimait plaisanter. Il était content de nous montrer les figurines qu'il peignait. Son père était militaire», dans cette ville de garnison.

Même le meurtrier présumé ne présentait a priori pas un profil de jeune violent. A. «était plutôt gentil et drôle», se remémore Léane, 18 ans, en terminale, qui l'a connu en seconde. Passionné de guerre, «il avait beaucoup de photos d'armes sur Facebook», ajoute-t-elle. Selon le parquet, les résultats positifs de sa réussite à la préparation de la Marine avaient été publiés samedi, jour du crime.

Si le mystère entourant la dynamique fatale du trio demeure, «il faut accepter l'idée que nous n'aurons pas les réponses tout de suite, et je refuse de participer à construire des hypothèses», plaide Me Mourad Benkoussa, avocat d'A.

Il rapporte : «Mon client est dans le regret, évidemment, mais d'une chose irréparable».

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