Bataclan : le rappeur Médine accuse l'extrême droite de vouloir «limiter (la) liberté d'expression»

Le rappeur Médine a réagi lundi en fin d'après-midi aux nombreuses protestations exprimées contre la programmation d'un de ses concerts sur la scène du Bataclan, en octobre prochain.

L'artiste aux textes engagés a accusé l'extrême droite de vouloir «limiter (la) liberté d'expression», dans un communiqué publié lundi. 

Depuis quelques jours, des élus de droite et d'extrême-droite ont contesté ce concert sur les réseaux sociaux, appelant à son annulation.

La raison ? Les textes provocateurs du rappeur. Il avait notamment signé l'album «Jihad, le plus grand combat est contre soi-même» en 2005 ainsi que le titre «Don't Laïk», où il s'en prenait à l'hypocrisie de la laïcité. Il y déclarait «Crucifions les laïcards comme à Golgotha».

Dans un tweet publié, ce dimanche, la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen estime «qu'aucun Français ne peut accepter que ce type aille déverser ses saloperies sur le lieu même du carnage du Bataclan».

 «Laisser un rappeur islamiste, qui se revendique 'islamo-racaille' et reprend l'imagerie du jihad, se produire au Bataclan: la dernière provocation en date. Pour l'honneur des victimes du 13 novembre, hors de question de laisser faire!», s'est indigné le sénateur FN des Bouches-du-Rhône Stéphane Ravier. Pour le maire de Béziers Robert Ménard, «les familles des victimes ne sont pas respectées». 

Les Républicains se sont également insurgés contre cette programmation. Invité du Grand Rendez-Vous, Jean-François Copé (LR) s'est exprimé sur le sujet: «c'est insupportable. Je suis attentif à la liberté de création, mais à un moment il faut arrêter ça. Il y a un directeur dans ce théâtre, il y a des pouvoirs publics, il faut que ça s'arrête».

Tout comme la députée Valérie Boyer.

Et le député Eric Ciotti appelle quant à lui à l'arbitrage du président de la République. «Si la liberté d'expression est un droit fondamental, il y a des symboles qui ne peuvent être profanés. Je demande au Président Emmanuel Macron d'interdire ce concert», explique-t-il dans un communiqué.

Un mea culpa de l'artiste

Bien que l'artiste affirme assumer l'intégralité de ses propos et textes, il avait fait marche arrière, en 2017, contre sa chanson «Don't Laïk» reconnaissant être allé trop loin.

«La provocation n'a d'utilité que quand elle suscite un débat, pas quand elle déclenche un rideau de fer. Avec 'Don't Laïk', c'était inaudible, et le clip a accentué la polémique. J'ai eu la sensation d'être allé trop loin», expliquait-il toujours dans les Inrocks.

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