Charlie Hebdo – Publié le 12 octobre à 17:45 – Mis à jour le 12 octobre 2016 à 19:27

Fuites sur l'identité des frères Kouachi pendant la traque: 3.000 euros d'amende

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Fuites sur l'identité des frères Kouachi pendant la traque: 3.000 euros d'amende

​Un ancien de la DGSE et le journaliste Jean-Paul Ney ont tous deux été condamnés mercredi à 3.000 euros d'amende pour avoir diffusé le 7 janvier 2015 l'identité des frères Kouachi après l'attentat contre Charlie Hebdo.

Ils ont été condamnés mercredi 12 octobre 2016 à 3.000 euros d'amende chacun. Pierre Martinet, un ancien de la DGSE, et le journaliste Jean-Paul Ney ont été déclarés coupables de recel de violation du secret de l'enquête par le tribunal correctionnel de Paris.

Ils avaient diffusé le 7 janvier 2015 l'identité des frères Kouachi après l'attentat contre Charlie Hebdo. Via les réseaux sociaux, ils avaient publié les éléments d'identification des frères Kouachi et d'un troisième homme. Celui-ci avait été rapidement mis hors de cause. Aussi, une fiche concernant Chérif Kouachi avait été relayée.

"Une source policière soumise au secret de l'enquête"

"L'un comme l'autre, de par leur activité professionnelle ou leur expérience, ne pouvaient ignorer" que ces éléments "ne peuvent provenir que d'une source policière soumise au secret de l'enquête", a souligné le tribunal.

En revanche, les juges ont estimé que la photo de la carte d'identité de Saïd Kouachi n'était pas nécessairement issue d'une violation du secret de l'enquête, "aucun élément ne permettant de déterminer sa traçabilité".

Dans la soirée du 7 janvier 2015, Jean-Paul Ney avait notamment tweeté un cliché de la carte d'identité de Saïd Kouachi, en écrivant: "On vous tiens (sic) enfants de putain". Tweetant la fiche "canonge" (fichier de police contenant les photographies et les signalements) de Chérif Kouachi, il ajoutait "moi je publie jusqu'au bout".

Deux policières relaxées

Ainsi, l'une des policières poursuivie pour l'envoi de la seule photo de cette carte d'identité a été relaxée.

La seconde policière poursuivie a également été relaxée, car il existe des "doutes sur la matérialité même de l'envoi" des documents litigieux.

Pierre Martinet va faire appel, a déclaré son avocat, Me Henri de Beauregard, pour qui le jugement "en droit" est "extrêmement fragile".

Jean-Paul Ney "devrait" lui aussi faire appel, selon son conseil, Me Sevag Torossian. Pour lui, ce jugement "n'est conforme ni à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), ni à la nouvelle loi votée entretemps".

L'enquête n'a pas pu remonter jusqu'à la fuite initiale

L'enquête confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", n'a pu remonter jusqu'à la fuite initiale, qui avait permis aux deux policières poursuivies d'avoir les copies des documents.

Le procureur de la République à Paris, François Molins, avait déploré ces fuites, qui avaient ruiné "tout espoir de surprise" dans la traque des frères Kouachi.

Ils avaient finalement été tués le 9 janvier lors de l'assaut des forces de l'ordre dans l'imprimerie de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) dans laquelle ils s'étaient retranchés.

Article rédigé par la rédaction de CNews / Crédits photo: DR