France – Publié le 08 décembre à 07:26 – Mis à jour le 08 décembre 2017 à 14:35

L'adieu de la Nation à Jean d'Ormesson

L'adieu de la Nation à Jean d'Ormesson «
Play

Des barrières anti-attentat installées a...

»
Play

Brexit : pas de frontière dure en Irland...

Après une cérémonie religieuse à la cathédrale Saint-Louis à Paris, un hommage national a été rendu à l'immortel dans la cour des Invalides ce vendredi, en la présence d'Emmanuel Macron et de ses deux prédécesseurs.

C'est ce vendredi que la Nation doit rendre hommage à l'académicien Jean d'Ormesson. La cérémonie débutera à 10h30 par une messe célébrée en la cathédrale Saint-Louis des Invalides à Paris. C'est l'académicien Jean-Marie Rouart qui prononcera l'éloge de son ami immortel disparu au début de la semaine à l'âge de 92 ans.

"Jean d'Ormesson est un écrivain. C'est aussi une star, un monument national", écrivait Jean-Marie Rouart à propos de Jean d'Ormesson, romancier qui l'a encouragé à écrire. "Aristocrate mais républicain, de droite mais attiré par la gauche, écrivain mais lorgnant sur la politique, privilégié mais ayant perdu un château historique (le château de Saint-Fargeau, ndlr), il réconcilie les Français avec leurs contradictions", notait l'auteur d'"Avant-guerre".

Hommage national à midi

"Au-dessus des partis, chapelles et tendances, Jean d'Ormesson appartient au patrimoine", estime l'écrivain et membre de l'académie Goncourt, Pierre Assouline. "Il faudrait l'inscrire à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques", a ajouté le romancier dans son "Dictionnaire amoureux des écrivains et de la littérature".

La cérémonie religieuse sera suivie à midi par un hommage national dans la cour d'honneur des Invalides présidé par Emmanuel Macron. Parmi les invités figureront deux anciens président de la République: Nicolas Sarkozy qui a dit pleurer "un ami" et François Hollande qui l'avait élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur. La dépouille de Jean d'Ormesson sera incinérée "plus tard" dans l'intimité.

Benjamin de l'Académie française

Le romancier, archétype de l'écrivain à la française, charmant et charmeur, est décédé dans la nuit de lundi à mardi d'une crise cardiaque à son domicile de Neuilly-sur-Seine. Homme brillant, espiègle, volontiers séducteur derrière son regard bleu malicieux, ("Le nez de Raymond Aron, les yeux de Michèle Morgan", résume Pierre Assouline), l'ancien directeur général du Figaro restera comme l'un des plus grands écrivains populaires français. Tous ses livres figuraient sur les listes des meilleures ventes.

"En fait, il est toujours là et restera parmi nous avec ses merveilleux livres", confiait jeudi sa fille, l'éditrice Héloïse d'Ormesson. Privilège rare, la Pléiade l'avait fait entrer de son vivant dans sa prestigieuse collection. Cette publication dans la collection de son "maître" Chateaubriand demeurait pour l'écrivain l'une de ses plus grandes fiertés. L'homme qui avouait avoir écrit son premier roman "pour plaire à une fille" et estimait n'avoir "absolument pas la vocation à être romancier" avait été élu sous la Coupole en 1973, à 48 ans, devenant alors le benjamin de l'Académie française.

Article rédigé par la rédaction web CNews