Réseaux sociaux – Publié le 12 mai à 17:52 – Mis à jour le 12 mai 2016 à 18:36

Twitter et YouTube peu réactifs sur la modération des contenus haineux, déplorent des associations

Twitter et YouTube peu réactifs sur la modération des contenus haineux, déplorent des associations «
Play

Plusieurs banques, dont la BNP Paribas,...

»
Play

La loi travail adoptée en première lectu...

Twitter et YouTube peu réactifs sur la modération des contenus haineux, déplorent des associations

Trois associations ont mené une étude pour mesurer la capacité de modération des messages racistes, homophobes ou négationnistes sur Twitter, Facebook et Youtube. Conclusion de plusieurs semaines de "testing": très peu des contenus haineux sont retirés de ces plateformes.

Du 31 mars au 10 mai, des militants de SOS Racisme, SOS Homophobie et l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) ont mené "le premier testing de masse sur internet". Ils ont signalé aux plate-formes internet concernées "586 contenus racistes, antisémites, négationnistes, homophobes, faisant l'apologie du terrorisme ou de crimes contre l'humanité". 

Les trois associations ont publié jeudi dans un communiqué les résultats de leur enquête. Le plus mauvais élève est Twitter où seulement huit des 205 contenus signalés ont été retirés du réseau social, soit 4%. Pour les trois associations, Twitter est "l'acteur s'étant le moins conformé à ses obligations légales et à ses propres conditions générales d'utilisation". 

La plate-forme de vidéos YouTube fait à peine mieux que Twitter. Sur les 225 contenus signalés, 16 ont été supprimés, soit 7%. 

En comparaison avec les deux autres réseaux sociaux, Facebook fait figure de bon élève puisque 34% des 156 contenus mis en cause ont été supprimés. Toutefois, cela ne représente qu'un tiers des messages et commentaires signalés. 

"Ces plates-formes préfèrent censurer des photos de seins plutôt que des appels aux meurtres"

Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo, met en cause la responsabilité de ces entreprises: 

Les plates-formes refusent d’assumer leurs responsabilités qui commandent d’empêcher de se transformer en canaux de propagation de la haine. Il semble que ces plateformes préfèrent censurer des photos de seins plutôt que des appels aux meurtres contre des homos, des arabes ou des juifs. Qu’elles s’expliquent donc sur ce choix-là.

Le président de l'UEJF déclare de son côté : 

Un grand nombre d’idéologues racistes, antisémites, négationnistes, homophobes ou sexistes profitent de la caisse de résonance que leur offrent les réseaux sociaux, en sachant pertinemment que la plupart de leurs messages ne feront pas l’objet de poursuites, ni même d’un retrait.

L'étude réalisée par les trois associations sera présentée dans le détail dimanche 15 mai à Paris lors de la seconde édition des Assises de la lutte contre la haine sur internet.

Rédaction web de CNews - Photo d'illustration (DR)