Ce petit village breton qui veut sauver son DAB

Youhenn retire 20 euros au distributeur de billets, une opération banale. Sauf qu'à Spézet, commune rurale du centre-Bretagne, les habitants doivent atteindre 30.000 retraits par an pour conserver leur appareil, un pari qu'ils sont en passe de gagner.[AFP]

Youhenn retire 20 euros au distributeur de billets, une opération banale. Sauf qu'à Spézet, commune rurale du centre-Bretagne, les habitants doivent atteindre 30.000 retraits par an pour conserver leur appareil, un pari qu'ils sont en passe de gagner.

"Que se soit un distributeur Crédit Agricole ou un autre, on s'en moque. Ce qu'on veut c'est un distributeur : c'est une question de service public!", s'insurge Youhenn Le Fur, retraité et membre du comité de défense du distributeur automatique de billets (DAB) de Spézet.

Le Crédit Agricole a fixé à 30.000 le nombre de retraits annuels nécessaires pour le maintien de l'unique DAB du bourg.

"On a l'espoir de le garder. Tout le monde est conscient que le distributeur est indispensable à la commune. Il y a beaucoup de commerces à Spézet, sa disparition poserait un véritable problème", affirme de son côté le maire DVD de Spézet, Gilbert Nigen.

L'agence du Crédit Agricole de la commune a fermé après avoir réduit ses heures d'ouverture et le vieux DAB installé sur la façade du bâtiment en plein centre s'est retrouvé condamné.

L'appareil, un ancien modèle largement amorti mais que le Crédit agricole ne souhaitait pas renouveler, devait disparaître en mai dernier selon une affichette encore présente sur la porte de l'agence, obligeant les habitants à faire 10 km pour trouver un autre DAB, à Châteaulin.

L'édile de la commune de 1.915 âmes avait d'abord demandé à La Poste d'installer un DAB dans son bureau. Mais il a essuyé un refus.

C'était sans compter sur la détermination des habitants pour sauver leur distributeur. Une trentaine d'entre eux se sont groupés en comité de défense du DAB et ont engagé la lutte comme il s'étaient battus quelques années plus tôt pour le bureau de poste.

"A Spézet, y'a des espèces en voie de disparition, gast!" peut-on lire sur une carte postale pour protester contre le retrait du DAB, issue d'une série réalisée par Nono, le dessinateur humoristique du Télégramme.

Manifestations devant l'agence du Crédit agricole de Carhaix - la ville voisine où les habitants ont obtenu le maintien de l'hôpital rural - banderoles, affiches et pièce de théâtre, le comité a multiplié les actions avant que le Crédit Agricole accepte un sursis.

"Nous avons proposé à la commune soit de partager 50-50 le déficit du DAB, soit après accord sur le chiffre, de fixer à 30.000 le nombre de retraits" pour le maintien du distributeur, explique le directeur du réseau d'agences du Crédit agricole, Charles Le Durant.

Les habitants, dont beaucoup de retraités, viennent retirer comme Nicole Le Bloaz, vingt à trente euros deux ou trois fois par semaine et Spézet est en passe de gagner la sauvegarde de son DAB.

"L'engouement de la population pour ce service fait que l'opération est en passe de réussir", se félicite M. Le Durant qui comptabilise les retraits depuis mi-2011 et estime que les 30.000 seront largement atteints d'ici à mai ou juin 2012.

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