Justice – Publié le 13 octobre à 22:20 – Mis à jour le 13 octobre 2017 à 22:21

Affaire Ferrand: enquête classée, l'ex-ministre se réjouit

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Quand abbaye rime avec entreprise

Le procureur de Brest a annoncé vendredi le classement sans suite de l'enquête visant Richard Ferrand, chef de file des députés LREM, dans l'affaire des Mutuelles de Bretagne, une décison dont l'ex-ministre s'est félicité, estimant avoir été "lavé de tout soupçon".

Sur un des volets de l'affaire, un éventuel délit de prise illégale d'intérêts, le procureur de Brest, Jean-Philippe Récappé a invoqué la prescription de l'action publique.

"Le parquet de Brest aurait pu envisager l'ouverture d'une information judiciaire", a-t-il expliqué dans un communiqué. Mais après vérification, il s'est avérée que cette éventuelle infraction était "prescrite" depuis le 19 juin 2015 au vu des règles de prescription alors en vigueur (trois ans pour les délits), a-t-il souligné.

"Les infractions d'abus de confiance et d'escroquerie", autre volet de l'affaire, ne sont pour leur part "pas constituées, faute d'un préjudice avéré", a-t-il également.

Richard Ferrand s'est félicité de cette décision : "La justice a enquêté, la justice a tranché: je suis innocent de la moindre infraction, et lavé de tout soupçon", a-t-il affirmé au Figaro se disant "désormais plus libre de parler à nouveau de l'avenir de notre pays".

Dans cette affaire, révélée par le Canard Enchaîné le 24 mai dernier, Richard Ferrand, 55 ans, allié de la première heure d'Emmanuel Macron, est soupçonné d'avoir favorisé sa compagne, l'avocate Sandrine Doucen, à l'époque où il était directeur général (1998-2012) des Mutuelles de Bretagne et élu local PS.

En 2011, cet organisme à but non lucratif, qui cherchait à louer des locaux pour installer un centre de soins à Brest, avait choisi la proposition d'une société civile immobilière (SCI) appartenant à Mme Doucen, parmi les trois offres présentées.

Selon l'hebdomadaire satirique, la promesse de location avait permis à Mme Doucen d'obtenir un prêt bancaire équivalent à la totalité du prix de ces locaux "en mauvais état". Outre une rénovation complète des locaux par la mutuelle pour 184.000 euros, la valeur des parts de la SCI "a été multipliée par 3.000" en six ans, toujours selon Le Canard.

"Les investigations ont confirmé que le montant du loyer, ainsi que celui des investissements ne dépassaient pas le prix du marché", a toutefois estimé le parquet soulignant également que les Mutuelles avaient considéré que cette offre "était conforme à leur intérêt et à leur politique immobilière habituelle".

AFP