Dieudonné – Publié le 18 mars à 18:05 – Mis à jour le 18 mars 2015 à 18:54

"Charlie Coulibaly" : Dieudonné condamné à 2 mois de prison avec sursis

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"Charlie Coulibaly" : Dieudonné condamné à 2 mois de prison avec sursis

Accusé d’apologie d’actes de terrorisme pour son message "Je me sens Charlie Coulibaly", Dieudonné M’bala M’bala a été condamné mercredi à deux mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris.

Le 11 janvier, jour de la marche républicaine, Dieudonné avait qualifié dans un message sur Facebook ce rassemblement d'"instant magique égal au Big Bang qui créa l'univers". Il ajoutait, dans ce message rapidement retiré

Sachez que ce soir, en ce qui me concerne, je me sens Charlie Coulibaly.

L'humoriste controversé associait ainsi le slogan de soutien au journal satirique Charlie Hebdo, "Je suis Charlie", au nom d'Amédy Coulibaly, qui a tué quatre personnes dans un supermarché casher et une policière municipale. 

A la suite de ce message, Dieudonné a été poursuivi pour apologie du terrorisme. Le tribunal correctionnel l'a condamné mercredi à deux mois de prison avec sursis. Le parquet avait requis une peine de 30.000 euros en jours-amendes

Soutien réel à la la mobilisation ou ironie ?

Assurant condamner "sans aucune retenue et sans aucune ambiguïté" les attentats, Dieudonné avait affirmé à l'audience qu'il avait souhaité participer à la marche à Paris, mais que sans retour du ministère de l'Intérieur qu'il avait sollicité, il s'en était senti "exclu" et traité comme un "terroriste". Son message était une "parole de paix", avait-il assuré. 

Ses explications n'ont pas convaincu le tribunal, qui a souligné l'ironie employée par Dieudonné lorsqu'il évoque l'importance de cette marche. Les juges ont notamment tenu compte du contexte du message, juste après la manifestation, alors que l'opinion publique était "fortement bouleversée par les attentats", que les victimes n'avaient pas encore été inhumées, a expliqué la présidente. 

Charlie Coulibaly : un "amalgame provocateur" selon les juges

Surtout, les juges ont souligné dans l'association de "Charlie" et "Coulibaly" l'"amalgame provocateur" fait par Dieudonné "entre le symbole de la liberté d'expression qui a coûté la vie à des journalistes et un auteur d'acte terroriste auquel il s'identifie", selon le jugement consulté par l'AFP. 

L'impact de ces propos "ne pouvait être ignoré" par son auteur, a considéré le tribunal, et "le sentiment d'hostilité à l'égard de la communauté juive que Dieudonné M'Bala M'Bala entretient auprès d'un public attiré par sa personnalité accroît sa responsabilité à raison de ses propos provocateurs". 

Dieudonné avait affirmé avoir choisi le nom d'Amédy Coulibaly car il s'agit de l'homme qui "met une balle dans le dos" de Clarissa Jean-Philippe, policière municipale antillaise, qui "ressemble trait pour trait" à sa propre fille. De leur côté, les membres de la famille de la jeune femme ont vécu les propos de Dieudonné "comme une gifle", a déclaré l'avocat de l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT), Me Antoine Casubolo Ferro. 

Me Rémi-Pierre Drai, avocat de l'association Avocats sans frontières, a déclaré : 

On ne cherche pas spécialement (...) à envoyer M. Dieudonné M'Bala M'Bala en prison, on veut juste lui rappeler qu'il n'est pas au-dessus de la loi et qu'il faut qu'il fasse attention dans ce qu'il dit. 

Absence de Dieudonné au tribunal pour le délibéré

Le tribunal a en outre condamné Dieudonné à verser un euro de dommages et intérêts à l'AFVT et à Avocats sans frontières, et 1.000 euros au titre des frais de justice. 

Dieudonné n'était pas présent au tribunal pour le délibéré, pas plus que ses avocats, qui n'ont pu être joints.

Un autre jugement attend Dieudonné jeudi. Il est poursuivi pour provocation à la haine envers les juifs pour des propos visant le journaliste Patrick Cohen. Puis un autre mardi prochain, dans une affaire où il est poursuivi pour avoir qualifié fin août 2013 Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, de "Mussolini moitié trisomique".

Photo : Dieudonné en 2009. Crédits : AFP/François Guillot

Rédaction web de CNews avec AFP