Le jeûne, une nouvelle thérapie ?

Et si l'on pouvait faire baisser sa tension, ses allergies ou son asthme en se privant tout simplement de nourriture pendant un temps donné ? Un documentaire scientifique d'Arte se penche sur le jeûne comme thérapie pour certaines pathologies du monde moderne.[AFP/Archives]

Et si l'on pouvait faire baisser sa tension, ses allergies ou son asthme en se privant tout simplement de nourriture pendant un temps donné ? Un documentaire scientifique d'Arte se penche sur le jeûne comme thérapie pour certaines pathologies du monde moderne.

L'enquête menée par Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade souligne que la méthode est loin d'être un remède miracle pour des maladies graves comme le cancer. Néanmoins la démarche peut soulager les maux accompagnant notre mode de civilisation comme l'obésité, le diabète ou encore l'hypertension, comme le montre leur périple en Russie, en Allemagne et aux Etats-Unis.

Au sanatorium de Goriatchinsk, dans la plaine sibérienne, deux tiers des patients, souffrant d'allergies, d'asthme et de rhumatismes essentiellement, se sentent mieux à la fin de la +cure+, qui peut durer jusqu'à trois semaines et qui est toujours faite sous surveillance médicale, expliquent les responsables de ce centre.

Le principe est simple : privé de nourriture, le corps humain va se nourrir de lui-même en puisant dans ses réserves de glucose et de lipides.

A Goriatchinsk le jeûne dure en moyenne deux semaines pendant lesquelles les patients n'absorbent que de l'eau et font du sport pour entretenir leurs muscles. Suivent sept jours de réadaptation à des habitudes alimentaires équilibrées.

Le troisième jour de privation de repas est le plus dur, selon les jeûneurs interrogés sur place. Un médecin explique : en phase de désintoxication l'organisme traverse alors une crise d'acidose, lorsque le taux d'acidité augmente brusquement. Avec lavements intestinaux et massages, les organes d'élimination comme le foie et les reins sont stimulés et font passer la crise.

Selon les experts russes, la méthode a été découverte par hasard il y a une soixantaine d'années, à l'époque soviétique, lorsqu'un psychiatre a fait le lien entre la grève de la faim d'un malade et l'amélioration de son état psychique. Les résultats des études faites depuis en Russie ont été validées par l'académie des sciences du pays.

En Europe occidentale, en revanche, le jeûne thérapeutique ne bénéficie pas d'une telle reconnaissance officielle.

Pourtant, en Allemagne, ces cures ont le vent en poupe. En particulier la méthode Buchinger, du nom d'un médecin militaire arthritique qui s'est lui-même épargné une vie en chaise roulante en se soignant par le jeûne. Moins rudes qu'en Sibérie, les cures, proposées dans son centre sur les bords du Lac de Constance, autorisent l'absorption de 250 calories par jour sous forme de jus et bouillons pour éviter la crise d'acidose.

En Californie, un jeune chercheur, Valter Longo, expérimente sur des souris les effets d'un jeûne sur les cellules cancéreuses, dont la croissance est ralentie car elles n'aiment pas les milieux pauvres en sucres. De même, le jeûne protégerait des effets secondaires de la chimiothérapie. Des résultats qui restent préliminaires et doivent être confirmés par des expériences à grande échelle sur des être humains.

D'une manière générale, soulignent les auteurs du documentaire, il est clair que le corps réagit mieux à la carence qu'à l'absorption excessive de nourriture.

("Le jeûne, une nouvelle thérapie ?", diffusion sur Arte, jeudi à 22h35)

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